Age d’or

 

Et d’Arienzo réinventa le rythme de la danse. (Clint Rauscher)

 


Musiciens - Paroliers - Chanteurs - Danseurs


 

Entre 1935 (mort de Carlos Gardel) et 1955 (chute de Perón, retour des militaires au pouvoir, Piazzolla revient à Buenos Aires et révolutionne la musique). L’expression « edad de oro » désigne la période de faste pour le tango et de prospérité pour le pays. Pendant la seconde guerre mondiale l’Argentine s’enrichit car elle devient, loin des fronts, le grenier de l'Europe en guerre. Le travail abonde d’autant plus que, les produits n’arrivant plus de l’étranger, il faut tout fabriquer sur place.

Bal à Buenos airesLe tango se trouve à son apogée. il est massivement populaire, en particulier suite au relais des médias. La musique se tourne de nouveau vers la danse. Il existe jusqu’à six cents orchestres à Buenos Aires. Le sexteto típico laisse place à de grandes formations aux nombreux musiciens : l’ensemble le plus répandu comprend quatre  bandonéons, quatre violons, une contrebasse et un piano. Le chanteur y prend sa place comme un instrument à part entière. Les lieux de bal se multiplient (plus d’une centaine chaque dimanche) et on y invente la cortina. Le cinéma se tourne vers le tango pour le raconter mais aussi pour en faire des musiques de film. C’est dans les années 40 que la musique, les paroles et la danse commencent à former dans l'esprit des tangueros un tout indissociable.

Au niveau de la danse, à partir des années 1935-40 les partenaires se rapprochent quelque peu, et dansent de plus en plus serrés. La femme se met à danser en face de l’homme, ce qui rend nécessaire l’apparition du croisé. Vers la fin des années 40, les pieds décollent du plancher de la salle de bal, les ganchos et les boleos s’installent. Le style milonguero, très collé et intériorisé, apparaît au début des années 1950.

Le tango qui s’est répandu dans le monde entier, s’installe prend, dans ses principaux pays d’élection (la Finlande, les U.S.A., le Canada, le Japon, la France), des formes locales particulières.

Le tango dit « musette » que l’on danse en France à partir des années 1930 est un lointain cousin de celui du Rio de la Plata. La version argentine est composée de figures improvisées dans des bals qui lui sont entièrement consacrés ; le tango musette, lui, est essentiellement une marche simple entrecoupée de passes rigidement prédéfinies et se trouve pratiquée parmi d'autres danses. On retrouve aussi une importante différence musicale : le tango argentin est plutôt mélancolique alors qu’en musette le rythme, plus syncopé, est assez sautillant. L’instrumentation bien sûr est modifiée (accordéon).

 

Le tango à Magic CityCompositeurs, chefs d’orchestre et musiciens

Le nom des quatre grands est en italique.

  • Rodolfo Biagi (« Manos brujas », pianiste, 1906-1969) met le piano en avant dans l’orquestra típica. Dans un style épuré, il accentue systématiquement les contretemps.
  • Miguel Caló (bandonéoniste, 1907-1972), au-delà de son talent personnel, a révélé celui de nombreux chanteurs, instrumentistes et chefs d’orchestre.
  • Ángel d’Agostino (pianiste, 1900-1991) connaît ses meilleures années lors de sa collaboration avec le chanteur Ángel Vargas.
  • Juan d’Arienzo (« El Rey del Compás », violoniste, 1900-1976) accélère et marque fortement le rythme en le simplifiant et en appuyant chaque temps. Avec lui le tango redevient une musique sur laquelle on danse. Le violon très sentimental adoucit une certaine sécheresse. « Le tango, c’est avant tout du rythme, du nerf, de la force et du caractère […] La voix humaine doit être un instrument supplémentaire de l’orchestre, et rien de plus. »
  • Alfredo de Angelis (« El Colorado », pianiste, 1910-1992), très attentif aux besoins des danseurs, revient aux fondamentaux de la guardia vieja. Il donne dans le même temps une place très importante aux chanteurs.
  • Lucio Demare (pianiste, 1906-1974) crée au piano un climat intimiste facilement identifiable.
  • Carlos di Sarli (« El Señor del Tango », pianiste, 1903-1960) est un de ceux que les danseurs préfèrent tant son rythme est ancré et les ancre dans le sol. Il place les violons au premier plan pour donner du lyrisme, du sentiment. Sur un tempo assez lent, les violons et les bandonéons jouent souvent à l’unisson, sans solo. Il remet au goût du jour des morceaux anciens, surtout valses et milongas.
  • Enrique Mario Francini (violoniste, 1916-1978) et Armando Pontier (bandonéoniste, 1917-1983) créèrent un orchestre sous leurs deux noms.
  • Osmar Maderna (pianiste, 1918-1951) développe un style symphonique avant de mourir jeune dans un stupide accident d’avion.
  • Sebastián Piana (pianiste, 1903-1994) est avant tout un compositeur (Milonga del 900, Milonga triste, Tinta roja, Silbando)
  • Osvaldo Pugliese (« Don Osvaldo », pianiste, 1905-1995) recherche dans un tango plein d’élans sensuels, puissants et passionnés l’équilibre entre rythme et mélodie. Son style, expérimental, est plein de ruptures à tous les niveaux (tempo, harmonie,…). Communiste, il dirige son orchestre comme une coopérative où les revenus sont redistribués à parts égales à chaque musicien-associé. Quand il lui est arrivé d’être emprisonné, ses musiciens déposent une rose sur le clavier de son piano.
  • Même s’il a commencé à l’époque de la guardia vieja, Florindo Sassone (violoniste, 1912-1982) ne connaît le succès (et n’est enregistré) qu’à partir de la fin des années 40.
  • Ricardo Tanturi (« El Caballero del Tango », pianiste, 1905-1973) met en valeur ses chanteurs, en particulier Alberto Castillo. Il propose un tango simple, entraînant et agréable à danser.
  • Aníbal Troilo (« El Gordo », « Pichuco », bandonéoniste, 1914-1975) représente pour certains la quintessence du tango. Il simplifie les arrangements (tout en embauchant le jeune Piazzolla !) afin de faciliter la danse. Il réussit à allier la sensualité de la danse, le plaisir de l’écoute musicale et la poésie des paroles. Sa date de naissance est le Jour du bandonéon en Argentine.Aníbal Troilo
  • Héctor Varela (« El As del Tango », bandonéoniste, 1914-1987) joue pour les danseurs des rythmes simples et bien marqués.

 

Paroliers/Poètes

  • Cátulo Castillo (pianiste, chef d’orchestre, 1906-1975) est l’auteur de, La Última Curda, Silbando, Tinta roja et Organito de la tarde écrit avec son père, l’anarchiste José González Castillo (1885-1937), à qui l’on doit aussi les paroles de Griseta.
  • Julián Centeya (Amleto Enrique Vergiati, « El Hombre gris de Buenos Aires », 1910-1974) est un poète reconnu entre autres pour ses textes en lunfardo (Boedo, Lluvia de abril). Il épousa la sœur de Nelly Omar.
  • Homero Expósito (« Mimo », 1918-1987), homme d’une grande culture littéraire, renouvelle la poésie du tango par un usage puissant de la métaphore (Percal, Azabache, Tristezas de la calle Corrientes).
  • Homero Manzi (1907-1951) est le poète du peuple dont il peint la vie comme un paysage (Barrio de tango, Sur, Milonga sentimental, Milonga del 900, Milonga triste, Paisaje, Desde el alma).

 

Chanteur.se.s

  • Carlos Acuña (1915-1999) a étudié le chant avec de grands maîtres de l’art lyrique et cela s’entend.
  • Raul Berón (ténor/baryton, 1920-1982) apparaît comme un « descendant » de Gardel.
  • Alberto Castillo (« El Corazón que canta », « El Cantor de los cien barrios porteños », ténor, 1914-2002) chante avec une gestuelle très spectaculaire et beaucoup d’inflexions expressives. Il incarne le gars du faubourg, gouailleur et bagarreur au cœur tendre.
  • Hugo del Carril (baryton, 1912-1989) travaille en particulier avec l’orchestre d’Edgardo Donato.
  • Nelly Omar (1911-2013) est considérée par beaucoup comme la chanteuse de tango par excellence.
  • Alberto Podestá (« El Gordonito », 1924-2015) chanta au sein d’orchestres de douze ans jusqu’à la fin de sa vie.
  • Edmundo Rivero (« El Feo », baryton-basse, 1911-1986) mit longtemps à percer car sa voix était jugée trop basse, mais il sut prendre, tout en restant classique et inimitable, le tournant du nuevo tango.
  • Roberto Rufino (« El Pibe del Abasto », « El Pibe Terremoto », baryton, 1922-1999) fit une carrière de soliste mais chanta aussi avec tous les grands orchestres.
  • Julio Sosa (« El Varón del tango », baryton, 1926-1964) atteignit presque la gloire de Gardel.
  • Ángel Vargas (« El Ruiseñor de Buenos Aires », 1904-1959) a chanté principalement avec Ángel d’Agostino.

 

Nelly OmarNelly Omar

 

Danseur.se.s

  • Gloria (1946-) & Eduardo (1936-) Arquimbau se sont connus dès l’enfance. Adeptes du tango salón, « au sol », ils ont fêté en 2010 leurs cinquante ans de carrière.
  • El Chino Perico (Ricardo Ponce, 1931-), un des derniers vieux milongueros, n’est jamais sorti de Buenos Aires. Il danse lentement, avec compás et élégance, considérant que « chaque tango est un morceau de vie qui se danse ».
  • Virulazo (Jorge Martín Orcaizaguirre, 1926-1990) & Elvira (Elvira Santamaría, 1929-1999), adeptes du tango fantaisie, ont participé à des spectacles autour du monde (« Le plus bel endroit, c’est l’avion du retour. ») et ont créé une école de danse gratuite.

Agenda

Cours  & Pratique
Atelier & Stage
Concert   Milonga  Festival 

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
5
6
7
8
9
10
12
13
14
15
16
17
19
20
21
22
23
24
26
27
28
29
30
31

Recherche dans le site

Free Joomla templates by L.THEME