Âge d’or

 

Période de faste pour le tango et de prospérité pour le pays entre 1935 (mort de Carlos Gardel) et 1955 (chute de Perón, retour des militaires au pouvoir).

Le tango se trouve à son apogée. Massivement populaire, en particulier suite au relais des médias. La musique se tourne de nouveau vers la danse. Il existe jusqu’à six cents orchestres à Buenos Aires et le sexteto típico laisse place à de nouvelles formes avec de nombreux musiciens, le chanteur y prend sa place comme un instrument à part entière. Les lieux de bal se multiplient (plus d’une centaine chaque dimanche) et on y invente la cortina. Le cinéma se tourne vers le tango pour le raconter mais aussi pour en faire des musiques de film.

Au niveau de la danse, à partir des années 1935-40 les partenaires se rapprochent quelque peu, et dansent de plus en plus serrés. Le femme se met à danser en face de l’homme, ce qui rend nécessaire l’apparition du croisé. Le style milonguero, très collé et intériorisé, apparaît au début des années 1950.

Le tango dit « musette » que l’on danse en France à partir des années 1930 est un lointain cousin de celui du Rio de la Plata. Alors que le tango argentin est composé de figures, le tango musette est essentiellement une marche simple. On retrouve aussi une importante différence musicale : le tango argentin est plutôt mélancolique alors qu’en musette le rythme, plus syncopé, est assez sautillant. L’instrumentation bien sûr est modifiée (accordéon).

 

Compositeurs, chefs d’orchestre et et musiciens

  • Rodolfo Biagi (« Manos brujas », pianiste, 1906-1969) met le piano en avant dans l’orquestra tipica. Dans un style épuré, il accentue systématiquement les contretemps.
  • Miguel Caló (bandonéoniste, 1907-1972), au-delà de son talent personnel, a révélé celui de nombreux chanteurs, instrumentistes et chefs d’orchestre.
  • Angel d’Agostino (pianiste, 1900-1991) connaît ses meilleures années lors de sa collaboration avec le chanteur Angel Vargas.
  • Juan d’Arienzo (« El Rey del Compas », violoniste, 1900-1976) accélère et marque fortement le rythme en le simplifiant et en appuyant chaque temps, faisant de nouveau de lui une musique sur laquelle on danse. Le violon très sentimental adoucit une certaine sécheresse. « Le tango, c’est avant tout du rythme, du nerf, de la force et du caractère. » « La voix humaine doit être un instrument supplémentaire de l’orchestre, et rien de plus. »
  • Alfredo de Angelis (pianiste, 1910-1992), très attentif aux besoins des danseurs, revient aux fondamentaux de la guardia vieja.
  • Carlos di Sarli (« El Señor del Tango », pianiste, 1903-1960) est un de ceux que les danseurs préfèrent tant son rythme est ancré et ancre dans le sol. Il place les violons au premier plan pour donner du lyrisme, du sentiment, à son tango. Sur un tempo assez lent, les violons et les bandonéons jouent souvent à l’unisson, sans solo.
  • Osvaldo Pugliese (« Don Osvaldo », pianiste, 1905-1995) recherche dans un tango plein d’élans sensuels, puissants et passionnés l’équilibre entre rythme et mélodie. Son style, expérimental, est plein de ruptures à tous les niveaux (tempo, harmonie,…).
  • Ricardo Tanturi (« El Caballero del Tango », pianiste, 1905-1973) met en valeur ses chanteurs, en particulier Alberto Castillo.
  • Aníbal Troilo (« El Gordo », « Pichuco », bandonéoniste, 1914-1975) représente pour certains la quintessence du tango. Il simplifie les arrangements (tout en embauchant le jeune Piazzolla) afin de faciliter la danse. Sa date de naissance est le Jour du bandonéon en Argentine.
    Anibal Troilo

 

Paroliers/Poètes

  • Cátulo Castillo (pianiste, chef d’orchestre, 1906-1975) est l’auteur de, La Última Curda, Silbando, Tinta roja et Organito de la tarde écrit avec son père, l’anarchiste José González Castillo, qui écrivit les paroles de Griseta.
  • Homero Expósito (« Mimo », 1918-1987), homme d’une grande culture littéraire, renouvelle la poésie du tango par un usage puissant de la métaphore (Percal, Azabache, Tristezas de la calle Corrientes).

 

Chanteur.se.s

  • Raul Berón (1920-1982) apparaît comme un « descendant » de Gardel.
  • Alberto Castillo (« El Corazón que canta », « El Cantor de los cien barrios porteños », 1914-2002) chante avec une gestuelle très spectaculaire et beaucoup d’inflexions expressives. Il incarne le gars du faubourg, gouailleur et bagarreur au cœur tendre.
  • Hugo del Carril (baryton, 1912-1989) travaille en particulier avec l’orchestre d’Edgardo Donato.
  • Nelly Omar (1911-2013) est considérée par beaucoup comme la chanteuse de tango par excellence.
  • Alberto Podestá (« El Gordonito », 1924-2015) chanta au sein d’orchestres de douze ans jusqu’à la fin de sa vie.
  • Roberto Rufino (« El Pibe del Abasto », « El Pibe Terremoto (le Gosse Tremblement de terre) », baryton, 1922-1999) fit une carrière de soliste mais chanta aussi avec tous les grands orchestres.
  • Julio Sosa (« El Varón del tango (le Mâle du tango) », baryton, 1926-1964) atteignit presque la gloire de Gardel.
  • Angel Vargas (« Le Rossignol de Buenos Aires », 1904-1959) a chanté principalement avec Angel d’Agostino.

 

Danseur.se.s

  • Gloria (1946-) & Eduardo (1936-) Arquimbau
  • El Chino Perico (1931-)
  • Virulazo (1926-1990) & Elvira (1929-1999)

 

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