Littérature

Romans où le tango joue un rôle

Federico Andahazi, Errante en la Sombra. Novela musical, Alfaguara, 2004

Encarnación del tango, Juan Molina es protagonista y artífice de una historia de pasión y fatalidad. El fervor por su música, su tradición y su mística y la ciega adhesión al legado de los grandes cantores lo llevan a vivir a la sombra del más grande de todos: Carlos Gardel. Aunque esto signifique callar la pasión que lo consume. Exaltado por el mito, Molina sólo puede alcanzar la fama a través de su propia perdición.

Marc Anstett, Tango pourpre, Books On Demand, 2015

Sur l’île de la terre rouge, le tango est au centre d’un système communautaire dont il est devenu l’épine dorsale. Au même titre que l’art, il est une histoire collective en marche, et quand un insulaire danse, il danse sa vie. Mais à l’aube de l’année 2030, l’île se retrouve violemment confrontée aux deux géants qui l’entourent... La danse deviendra-t-elle l’ultime arme de résistance ? Entre fiction et réalité, une histoire singulière et symbolique se dessine. Métaphore d’une lutte pour la liberté, elle résonne comme le chant mythique des sirènes et lance son cri aux confins de la terre et de l’océan..

Roberto Arlt

  • Le Jouet enragé, Cent Pages, 2011

Une Buenos Aires fantasmagorique livrée au crime et à la prostitution, peuplée de déments et agitée de noirs complots.

  • Les Sept Fous, Belfond, 1981et Les Lance-flammes, Belfond, 1983

Employé à la Compagnie sucrière, Erdosain a pris l’habitude de puiser dans la caisse. Dénoncé, il est sommé de rembourser six cent pesos et sept centimes, et découvre le même jour que sa femme le quitte. Aux abois, il part trouver l’Astrologue, un être aussi mégalo que délirant, qui a pour projet de fonder une société secrète financée par les revenus d’une chaîne de maisons closes. Avec lui, un maquereau mélancolique, un rentier pervers, un pharmacien mystique, un aventurier chercheur d’or, un officier corrompu, un tueur illuminé : sept fous lancés dans une entreprise abracadabrante, sept fous lâchés au cœur des bas-fonds de la ville. Et Erdosain, en quête d’une raison d’exister, d’un Dieu qui toujours se dérobe.

Pieter Aspe, Dernier tango à Bruges, Albin Michel, 2014

Leur voyage de noces en Argentine a laissé des traces chez les Van In : Hannelore veut absolument que son flic de mari apprenne le tango ! Mais la disparition d’un homme perclus de dettes de jeu va le détourner des clubs de danse. Un mystère qui pourrait être lié à une affaire aux ramifications obscures, susceptible de compromettre plusieurs personnalités brugeoises. Parties fines qui tournent mal, scandales immobiliers, pots-de-vin, mafia russe… quand le commissaire Van In s’en mêle, c’est tout Bruges qui tangue !

William Bayer, La Ville des couteaux, Payot, 2008

Silvia Santini, prostituée de haut vol, a été retrouvée adossée au mur du cimetière d’un quartier populaire de Buenos Aires, les mains attachées dans le dos et reliées à un nœœud coulant passé autour de son cou ; la première page d’un journal militant contre la corruption politique a été enfoncée dans sa gorge. Chargée de l’enquête, l’officier de police fédérale Marta Abecasis constate que la scène du crime a été complètement sabotée par la commissaire du quartier, Liliana Mendez. Délibérément ? La victime avait un souteneur yougoslave nommé Ivo Granic. Mais ce dernier est également assassiné, et son corps présente les mêmes blessures que celui de Silvia Santini. Pour Marta, cela rappelle étonnamment les méthodes des tortionnaires de l’armée, à la sombre époque du « processus de réorganisation nationale » quand les opposants étaient des disparus.

Sacha Black, Elle dansait le tango, Create Space Independent Publishing Platform, 2015

couple

Un homme, une femme… Meurtris par la vie, hantés par un passé douloureux, ils sont incapables d’aimer. Leurs chemins se croisent à plusieurs reprises. Leur rencontre va remettre en question le fragile équilibre de leur existence et faire basculer leur vie. Ils vont découvrir que leurs destins sont inextricablement liés, bien au delà de ce qu’ils pouvaient même imaginer… Elle dansait le tango est une histoire d’amour, de quête et de résilience, un roman psychologique épicé d’un zeste d’érotisme, qui flirte avec le thriller.

Jorge Luis Borges, « L’Homme au coin du mur rose », in Histoire Universelle de l’Infamie, 1935

Jorge Luis Borges & Silvina Bullrich, El Compadrito, su destino, sus barrios, su música (anthologie), Emecé Editores, Buenos Aires, 1945-2000

Philippe Carrese, Tango à la Romaine,

Mai 1967, en pleine guerre froide. Les communistes du groupe Potere Rosso mandatent l’un des leurs, Pietrino Belonore, jeune homme fougueux travaillant au sein d’un cabinet américain, pour commettre un attentat retentissant au cœur de Rome… Rien ne se passe comme prévu et Zefirino, victime collatérale de l’acte manqué est bien décidé à se venger contre l’organisation communiste… Potere Rosso veut quant à elle punir le camarade qui a échoué dans sa mission…Et surgit l’amour, aux accents de bandonéon qui vient donner du fil à retordre à Pietrino Belonore.

Tony Cartano, Milonga, Albin Michel, 2004

Gabriel, Rafael et Estefania Ortega, les enfants d’une lignée tumultueuse et d’une Argentine en éternelle ébullition, ont vécu l’exil en Europe. Malgré les différences et les heurts qui les séparent, tous trois mènent une même quête passionnée : atteindre à l’idéal artistique. La photo, la peinture et la danse sont des tentatives de panser une déchirure encore trop vive. De retour trente ans plus tard à Buenos Aires, les deux frères, éternels rivaux, doivent affronter ensemble un passé familial tragique, dans un pays livré au chaos. Un roman abrupt et sensuel, qui prend à corps l’histoire du siècle et la folie du monde, et nous entraîne au cœur du mystère des origines et de la création, où l’amour et la haine s’enlacent comme des danseurs de tango et de milonga

Jerome Charyn, Mort d’un roi du tango, Mercure de France, 1999

« Elle avait depuis longtemps l’habitude de tomber amoureuse de menteurs, de bandits et de braqueurs de banque... Mais jamais personne ne l’avait embrassée comme Don Ruben. Personne ne lui faisait autant frémir les jambes, ne savait engloutir son visage de cette façon… » Yolanda est en prison - une petite attaque à main armée qui a mal tourné. La police lui propose un marché : la liberté si elle l’aide à retrouver la trace de Ruben, son cousin dont elle était amoureuse à sept ans, devenu un des chefs du cartel de Medellín. C’est dans les rumbeaderos, les écoles de tango, qu’elle va le chercher parce qu’elle sait à quel point cette musique-là lui colle à la peau depuis toujours.

Maurice Chabannon

  • La Vie est une milonga… et le tango bat la mesure, L’Harmattan, 2017

Clémence est française, et, dans le cocon d’une enfance heureuse, elle choisit de travailler le violon, tout en cultivant une vocation de professeur de lettres. Feliciano est argentin, issu d’une famille rurale modeste. Depuis son plus jeune âge, il rêve de devenir bandonéoniste. Sur la toile de fond des événements familiaux, politiques et historiques qui donnent de l’épaisseur à deux destins parallèles, nos héros suivent le fil chaotique de la vie, cherchent l’équilibre, et traquent la vérité musicale en s’imprégnant du tango argentin.

  • La dernière Cuite, L’Harmattan, 2014

Que va-t-il advenir d Antonio après cette cuite au Malbec ? Ce roman suit le destin parallèle de deux jeunes couples à Buenos Aires, dans une Argentine secouée par des régimes politiques et économiques tourmentés. L amour et le tango aident à y surmonter les difficultés, mais la révolte et le désespoir couvent sur fond de manifestations sociales.

  • Avec un tango à fleurs de lèvres, L’Harmattan, 2011 (nouvelles)

Copi, La Vie est un tango, Hallier, 1979

Julio Cortazar, Marelle, Gallimard, 2005

Marelle est une sorte de capitale, un de ces livres du XXe siècle auquel on retourne plus étonné encore que d’y être allé, comme à Venise. Ses personnages entre ciel et terre, exposés aux résonances des marées, ne labourent ni ne sèment ni ne vendangent : ils voyagent pour découvrir les extrémités du monde et ce monde étant notre vie c’est autour de nous qu’ils naviguent. Tout bouge dans son reflet romanesque, la fiction se change en quête, le roman en essai, un trait de sagesse zen en fou rire, le héros, Horacio Oliveira, en son double, Traveler, l’un à Paris, l’autre à Buenos Aires. Le jazz, les amis, l’amour fou d’une femme, la Sibylle, en une autre, la même, Talita, la poésie sauveront-ils Oliveira de l’échec du monde ? Peut-être car Marelle offre plusieurs entrées et sorties. Un mode d’emploi nous suggère de choisir entre une lecture suivie, « rouleau chinois » qui se déroulera devant nous, et une seconde, active, où en sautant de case en case nous accomplirons une autre circumnavigation extraordinaire. Le maître de ce jeu est Morelli, l’écrivain dont Julio Cortázar est le double. Il cherche à ne rien trahir en écrivant et c’est pourquoi il commence à délivrer la prose de ses vieillesses, à « désécrire » comme il dit. D’une jeunesse et d’une liberté inconnues, Marelle nous porte presque simultanément au paradis où on peut se reposer et en enfer où tout recommence. Bien que le roman ne parle pas du tango, la danse est une manière de comprendre sa forme

CoupleJoana de Fréville, Le Pas du lynx, Les Allusifs, 2015

On a le tango - il prononce tang-go - tatoué sous la peau, une fois imprimé dans les muscles, impossible de s’en défaire. Quand on danse, vous avez remarqué, quelque chose vous vrille le ventre, le monde alentour s’électrise, devient léger, charnel et absent, généreux, totalement illusoire. Accompli. Afin d’honorer un étrange contrat, un peintre et une jeune photographe, tous deux exilés, se retrouvent chaque soir pour danser en silence. Ils ont en commun un objectif : ne rien dire de soi, ne rien savoir de l’autre, jusqu’au moment où un événement compromet cet accord. A travers ce premier roman, Joana de Fréville chorégraphie la part secrète de deux solitaires que leur rencontre désarçonne. Oscillant entre tragique et légèreté, elle rend un hommage insolite au tango argentin et à ta soif irrépressible de vivre.

Gérard Delteil, Dernier Tango à Buenos Aires, Actes  Sud, 2000

Ex-militant trotskiste, Gilbert Chauveau est aujourd’hui un élu socialiste reconverti dans le trafic d’armes, qui se planque à Buenos Aires pour échapper à la police française. Ce n’est certes pas la première fois qu’un notable corrompu tente d’échapper à son passé. Mais pourquoi se prétend-il toujours menacé, quand il jouit désormais de la protection de l’ancienne junte argentine ? Qu’espère-t-il sinon la juste rétribution de ses infidélités politiques ?

Caroline de Mulder, Ego Tango, Champvallon, 2010

On a le tango - il prononce tang-go - tatoué sous la peau, une fois imprimé dans les muscles, impossible de s’en défaire. Quand on danse, vous avez remarqué, quelque chose vous vrille le ventre, le monde alentour s’électrise, devient léger, charnel et absent, généreux, totalement illusoire. Accompli. Afin d’honorer un étrange contrat, un peintre et une jeune photographe, tous deux exilés, se retrouvent chaque soir pour danser en silence. Ils ont en commun un objectif : ne rien dire de soi, ne rien savoir de l’autre, jusqu’au moment où un événement compromet cet accord. A travers ce premier roman, Joana de Fréville chorégraphie la part secrète de deux solitaires que leur rencontre désarçonne. Oscillant entre tragique et légèreté, elle rend un hommage insolite au tango argentin et à ta soif irrépressible de vivre.

Carolina de Robertis, Les Dieux du Tango, Le Cherche-Midi, 2015

Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte l’Italie pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses bagages, le précieux violon de son père. Mais à son arrivée, elle découvre que Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda est envoutée par le tango, la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville. Seulement, le violon est interdit aux femmes. Pour contrer cela, un soir, elle s’habille avec le costume de son mari et s’immerge dans le monde de la nuit et du tango.

Régine Desforges, Noir Tango, Fayard, 1991

Dans ce quatrième tome de la série commencée avec La Bicyclette bleue, l’autrice brosse une fresque de la France de l’après-guerre. Elle met en particulier en scène un tango dansé avec une autre femme par une rescapée des camps de concentration qui se suicide peu après.

Alicia Dujovne-Ortiz, Femme couleur tango, Grasset, 1998

La Mireya chantée dans les tangos argentins et la Mireille peinte par Toulouse-Lautrec ne font qu’une. Celle-ci est différente des autres filles de Madame. Elle vient d’Albi et en a le parler rocailleux, elle ne se corsète pas, elle est naturelle et, vraie rousse, elle rayonne. Quand monsieur Henri, lui aussi originaire d’Albi, fait sa connaissance, il tombe amoureux et la prend pour modèle.

Tomas Eloy Martinez, Le Chanteur de tango, Gallimard Folio, 2007

Couple

On dit qu’il ne chante plus que dans quelques cabarets mal famés du port. On dit aussi qu’il est très malade mais qu’il chante parfois dans un vieux bar du centre-ville. Certains affirment qu’ils l’ont entendu chanter dans un square de Palerme, l’ancien quartier italien, et d’autres vont jusqu’à dire qu’il se produit inopinément sur les marchés populaires des faubourgs. Bruno Cadogan regarde perplexe la carte de Buenos Aires et essaie de déceler la logique qui commande les dernières apparitions de Julia Martel. Car ce légendaire chanteur de tango à la voix obscure et envoûtante, l’homme qui n’a jamais voulu enregistrer de disques, est bien plus qu’un mythe urbain. Martel est un artiste accompli qui ne laisse rien au hasard et qui dessine par sa présence (et son absence) une autre carte de la ville, les traits d’une énigme. Volontaire, résolu, le jeune Américain est prêt à tout pour le rencontrer et pour l’entendre chanter ces étranges morceaux dont il est le seul à connaître les paroles et le sens. Mais sa quête va le conduire là où il ne l’attend pas : au cour même de l’insurrection populaire de 2001 qui fait chuter les présidents les uns après les autres. Bruno Cadogan se trouve ainsi emporté par le tourbillon de l’histoire dans un Buenos Aires rebelle et assoiffé de justice où la voix de Julio Martel est devenue l’un des symboles de l’espoir.

Wolfram Fleischhauer, Trois Minutes avec la réalité, Actes sud, 2012

Quel secret se cache derrière le tango effrayant d’intensité que le célèbre Damiàn danse avec Nieves dans un théâtre de Berlin ? Qui est cet Argentin beau et inquiétant dont s’éprend Giulietta - une danseuse classique à mille lieues de cette violence qui la terrifie et la subjugue - au point que lorsque Damiàn regagne Buenos Aires, elle décide de le suivre et de le retrouver coûte que coûte ? Elle ignore tout de ce pays, mais elle sait que le milieu du tango est petit et que chacun doit l’y connaître. Cette quête nous vaut une plongée passionnante dans un Buenos Aires ancestral qu’ont bouleversé l’histoire récente de l’Argentine et la dictature militaire. Mais la découverte la plus cruelle sera pour Giulietta le rôle joué par son père et, au-delà de lui, l’implication de l’Allemagne dans la politique américaine en Amérique du Sud. Ce roman noir, qui est aussi une histoire d’amour fou, ravira le lecteur de thrillers comme l’amateur de tango.

Almuneda Grandes, Malena c’est un nom de tango, Plon, 1996

Avec ce livre Almudena Grandes débute une œuvre dans laquelle les histoires de famille toujours assez sordides tiennent une grande place. Ici il s’agit du grand-père de Malena qui a toute sa vie entretenu deux foyers sans véritablement se cacher. Et se nouent au sein de cette cohorte de frères, soeurs, demi-frères et demi-soeurs des drames comme seule le milieu clos familial peut produire. Et comme jamais rien n’est simple dans les livres d’Almudena Grandes, les relations familiales se hissent à un degré élevé de complication par la présence de plusieurs couples de jumelles, par la découverte des relations sexuelles entre jeunes cousins adolescents, par des imbrications étonnantes entre les différents membres de cette grande et double famille.

Céline Guarneri, Comme un goût de tango sous les talons, éd. Baudelaire, 2013

Un incident en apparence sans importance peut parfois initier toute une série d’étranges bouleversements. Rose et Mathis ne se doutaient pas qu’en brisant un vase, ils allaient déclencher tout un tourbillon d’événements dramatiques qui allait changer le cours de leurs vies. Héritiers involontaires d’un secret en apparence bien gardé, ils combattent les fantômes du passé pour cheminer vers des réponses évanescentes. Une rencontre dans un train et la découverte d’une correspondance secrète les transformeront en passagers clandestins d’une ballade au goût de tango où le hasard n’existe pas. Au fil du temps, autour du monde, on se laisse emporter dans ce roman polyphonique empli de mystères, de dangers et de passions. Au fond des chagrins, il y a toujours des choses qui valent la peine.

Jean-Michel Guénassia, La Vie rêvée d'Ernesto G., Albin Michel, 2012

De 1910 à 2010 et de Prague à Alger en passant par Paris. La traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif pragois. En Bohème  l’adolescent découvre Carlos Gardel et devient un dieu du tango. Après des études de médecine à Paris, son parcours se poursuit à Alger et dans le djebel. Voici la vie d’un héros malgré lui, pris dans les tourmentes de l’Histoire. Une vie d’amours et de grandes amitiés, une vie d’espoirs et de rencontres. Un roman traitant de la délicate nostalgie des hommes ballottés par l’Histoire, les hommes qui tombent et qui font de cette chute même et de leur désenchantement une œuvre d’art. Ici le tango n’est pas au centre du roman, mais ses airs en ponctuent de nombreuses périodes.

Ángel Mario Herreros, La noche que secuestramos al Cachafaz, y otros cuentos de tango, 2009.

 

Stéphanie Janicot, Soledad, LGF, 2002

Rien ne destinait Soledad, jeune fille bien née de la bourgeoisie mexicaine, à devenir célèbre en Argentine en chantant des tangos. Soledad chante, ou, plutôt, pleure le tango. La sobriété et la justesse de son interprétation font d’elle une star nationale. Mais, comme dans tout tango qui se respecte, Soledad sera rattrapée par son passé, ses fantômes. Elle est accusée d’avoir tué son amant. A la barre d’un tribunal de Buenos Aires vont se succéder tous les acteurs de sa vie.

László Krasznahorkai, Tango de Satan, Gallimard Folio, 2007

Une plaine hongroise balayée par le vent et l’incessante pluie d’automne. Dans une ferme collective à l’abandon, quelques habitants végètent, s’épiant et complotant les uns contre les autres, lorsqu’une rumeur annonce le retour de deux autres personnages que l’on croyait morts. Certains y voient l’arrivée d’un messie, d’autres redoutent celle de Satan. Ce roman, conçu comme un tango où les danseurs viendraient les uns après les autres sur la piste de danse, nous plonge dans un voyage poétique, une quête de vérité emplie d’humanité sur la place de notre existence face au Temps.

Wendy Law-Yone, Tango birman, Rivages, 2001

Avoir appris à danser le tango donne à une jeune fille pleine d’énergie, débrouillarde et espiègle surnommée Tango - la possibilité de quitter son village au bord du fleuve Irawady en Birmanie pour la capitale, Rangoon. Elle y épousera un colonel ambitieux. Enlevée par un mouvement de guérilla, elle deviendra son porte-parole, puis ce sera l’exil aux États-Unis. Elle revient à Rangoon vingt-cinq ans après. C’est là que commence le roman, avec le cri d’un lion prisonnier, et c’est là qu’il finit, dans les années 90. Entre les deux, le récit est puissant, émouvant comme son héroïne. Tango est une femme qui, avec élégance, maîtrise et violence, conquiert sa liberté. Son destin n’est que revirements, comme le tango.

Blandine Lejeune, Dernier tango à Lille, Ravet-Anceau, 2013

Dans son cabinet du Vieux-Lille, l’éminent et controversé psychanalyste Daniel Libbovitch reçoit son dernier patient de la journée. Pressé d’en terminer le praticien n’a qu’une chose en tête, sa leçon de tango argentin. Leçon à laquelle il ne se rendra jamais ; il est retrouvé mort, la gorge tranchée, au beau milieu de sa salle d’attente. Pour le commandant de police Boulard, il va falloir mener l’enquête tambour battant : l’une des nombreuses maîtresses de Libbovitch, également danseuse de tango, semble à son tour menacée

Henning Mankell, Le Retour du professeur de danse, Seuil, 2006

Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d’apprendre qu’il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé mort. Pour tromper son angoisse, il part à l’ autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifient les traces sanglantes sur le parquet, comme si le tueur avait dansé un tango avec le corps de sa victime ? Les ombres d’un passé très noir se réveillent. Elles ont frappé, et vont frapper encore. Mais Stefan n’a plus rien à perdre.

Daniel Moyano, Livres de navires et bourrasques, Robert Laffont, 1983

Elsa Osorio, Tango, Métailié, 2007

Au Latina, un café parisien, Luis invite Ana à danser un tango. Passionnés par la danse argentine, ces deux inconnus découvrent qu’ils ont en commun une histoire. Leurs aïeux croisaient déjà leurs pas au rythme du tango, dans le Buenos Aires du début du XXe siècle, avant les dictatures, quand l’Argentine était encore la terre promise d’innombrables immigrants.

LCoupleaura Pariani

  • Quand Dieu dansait le tango, Flammarion, 2004

A travers le destin de six familles italiennes qui, au cours du XXe siècle, ont rejoint l’Argentine dans l’espoir d’une vie meilleure, Laura Pariani reconstitue la petite et la grande histoire de l’émigration vers le Nouveau Monde. En seize chapitres, autant de femmes témoignent de ce que fut leur vie. Elles parlent des hommes qui les ont aimées mais qui les ont aussi souvent trompées, battues, quittées, déçues ou abusées de toutes les façons. Elles pleurent ceux qui sont morts, parfois de mort violente, les laissant seules bien trop tôt se débrouiller avec la promesse d’un eldorado perdu à jamais, dans un pays à la dérive fréquemment soumis aux crises, aux dictatures et à l’arbitraire des puissants.

  • Tango pour une rose, Flammarion, 2007

« Dans le sillage du tango, le thème du grand amour qui allume le charbon de l’âme s’est imposé à mon texte : pas la terreur amoureuse d’une Ophélie, d’une Yseult ou d’une Anna Karénine qui vont les genoux tremblants à un rendez-vous, mais l’égarement d’un esprit éduqué dans le bon goût et la discipline en présence d’une femme fatale. » Laura Pariani En imaginant les tout derniers instants de la vie d’Antoine de Saint-Exupéry, jette un éclairage romanesque sur la folle passion qui l’unit à sa femme, Consuelo rencontré à Buenos Aires, sur un fond esquissé de tango.

Pierre Pelot, Parabellum Tango, J’ai Lu, 1980

Pour Noman, c’est le bonheur : il est enfin admis dans le Domaine de l’Œil, le paradis des Citoyens... Assistés, sécurisés, gouvernés - surveillés - par le Programme et la Loi. Le contraste total avec Hors-Vue, le pays natal de Noman, qui n’est que misère et anarchie… Un pays que l’Œil veut d’ailleurs conquérir et où les Scruts - ses agents - s’infiltrent... Déjà, le chanteur contestataire Girek, auteur de Parabellum tango, a été interdit de TV. Il lui reste les rues. Dans l’attente de sa nomination au très haut poste de Veilleur, Noman est envahi de malaises, de pensées étranges - coupables… tandis qu’à Hors-Vue, Girek, traqué, se tait. Il ne chantera plus Parabellum tango mais continuera la lutte, avec d’autres armes...

Ernest Pépin, Le Tango de la haine, Gallimard, 1999

Le tango est une pensée triste qui se danse. Ce « tango » de la haine est le récit d’une danse infernale, celle de la séparation douloureuse d’un couple, Abel et Nika, qui ont vécu vingt ans ensemble. Lorsque Abel, le mari, reprend sa liberté et refait sa vie, Nika se mue en tigresse. Le roman se confond alors avec la rage qui l’anime, il cède au déferlement lyrique, incantatoire et luxurieux sur le tempo nerveux du créole.

Arturo Pérez-Reverte, Le Tango de la vieille garde, Seuil, 2013

Le temps d’un tango, ils se sont consumés l’un pour l’autre. À bord du Cap Polonio, Max, le danseur gigolo, et Mecha, l’épouse d’un richissime compositeur, entament un pas de deux très risqué. Des bas-fonds de Buenos Aires aux grands hôtels de la Riviera, leurs chemins ne cessent de se croiser. Une danse en 1928, une mission d’espionnage en 1937, un tournoi d’échecs en 1966… Hasard ou destinée ?

Ricardo Piglia, Argent brûlé, Zulma, 2010

1965,un contexte politique trouble en Argentine,mars les péronistes remportent les élections législatives,1966 le coup d’Etat militaire amènera la dictature.
Septembre 65,une attaque meurtrière d’un fourgon par une bande de truands,des tueurs! surement renseignés par des autorités locales.
Puis la cavale en Uruguay et un siège de 15 heures à Montevideo digne de la bande à Bonnot.Violence de gangsters drogués,déchaînés,de la Police le Commissaire Silva est le prototype du tortionnaire de l’époque et du pays.

Manuel Puig, Le Plus beau tango du monde (Boquitas pintadas), Gallimard, 2011

Inventeur d’une vision de la réalité, d’un ton et d’une manière inédits dans la littérature sud-américaine, Manuel Puig a inauguré, avec Le plus beau tango du monde, une véritable rhétorique du cliché, des lieux communs du langage et du comportement, pour mieux percer le subconscient collectif d’un pays - l’Argentine - et d’une époque - les années 1940.

Olivier Rolin, Bar des flots noirs, Seuil, 1987

Dans les souvenirs d’un homme qui ne se lasse pas de porter aux barmaids un amour vif et futile tournent des silhouettes de villes au loin, des portraits de femmes qu’un trait brillant sauve de l’ombre, des évocations d’écrivains qu’il a connus - en chair et en os, ou en mots ? Buenos Aires, Lisbonne, Trieste, Prague ou Alexandrie, ce lent vertige fait s’échanger les lieux, glisser les images jusqu’à esquisser la chimère d’une ville unique, d’une femme qui les rappelle toutes, Amalia, Adriana, Aurelia de l’Ideal, d’un écrivain-Protée dont Pessoa, le poète aux multiples masques, pourrait être la figure centrale.

Thomas Rosenboom, Le Danseur de tango, Stock, 2006

Un emploi sans intérêt, un physique peu avantageux, une vie amoureuse inexistante - Han Bijman est un homme qui a l’échec dans les veines, une sorte fantôme qui traverse la vie sans y laisser la moindre empreinte. Les cours de tango sont sa seule fantaisie. C’est lors de son premier salon de tango que Han fait la connaissance d’Esther, jeune femme frivole et versatile. Comme ces tangueros qui ne vivent et respirent que pour la danse, Han se laisse très vite captiver par cette belle libertine. Mais jusqu’où peut aller un homme ordinaire quand son seul objet de désir semble s’échapper. Abandon et maîtrise, attirance et rejets, regards et suggestions.

Jacques Sallin, Tango barbare, Publibook

La danse du tango excelle dans l’art de l’improvisation. C’est aussi le cas des clients du Caboulot: bornés, vindicatifs, et égrillards. Ceux-ci jouent aux cartes, celles-là batifolent, et tous s’enquièrent des “nouvelles du front”… quand ils n’y sont pas. Car dans cette histoire, nos héros s’accoutrent avec désinvolture de la tunique militaire comme ils s’’amusent de leur humaine condition !

Brina Svit, Coco Dias ou la Porte dorée, Gallimard, 2007

C’est un roman vrai. Je ne suis pas Valérie Nolo, mais j’ai vraiment rencontré, il y a plus d’un an maintenant, Coco Dias, danseur de tango. Et il m’a fait exactement la même proposition que dans le roman : si tu écris sur moi, je t’apprends à danser. Bien qu’en train d’écrire autre chose, j’ai accepté ; je savais que plus jamais on ne me ferait une proposition pareille. Voilà donc une histoire qui se déroule à Paris, à la Porte Dorée, et à Buenos Aires. Je pourrais dire aussi : voilà l’histoire d’un danseur de tango qui se confond avec l’histoire du tango. Ou bien : voilà l’histoire d’une femme qui comprend enfin ce que c’est que tenir un homme dans ses bras.

Akli Tadjer, La Reine du tango, Jean-Claude Lattès, 2016

Suzanne a grandi seule avec sa mère, La Reine du tango, une danseuse magnifique qui a connu tous les succès, toutes les gloires. Disparue trop jeune, elle a laissé à sa fille sa passion de la danse, des souvenirs éblouissants et une peur immense de l’abandon. De cette enfance, Suzanne n’a gardé que le tango qu’elle enseigne sans oser le danser, et un vieil ami de sa mère, qui s’éteint à l’hôpital.  

Juan Terranova, El Bailarin de tango, Ediciones Deldragon, 2004

Manuel Vasquez Montalban, Le Quintette de Buenos Aires, Le Seuil, Points policiers, 2000

Pepe Carvalho, le détective gourmet et philosophe de Barcelone, s’envole pour Buenos Aires : son cousin Raúl a disparu. Ses recherches l’entraînent dans les méandres de la métropole argentine où l’attendent quelques cadavres et une rencontre inquiétante avec un ancien tortionnaire qui n’a pas du tout envie qu’on exhume son passé...

Jean-François Vilar, Bastille tango, Presses de la Renaissance, 1986

Début 1985, on trouve des affiches représentant un homme torturé collées autour de la Bastille. Victor Blainville, qui sillonne le quartier à bicyclette et tient la chronique photographique de son inexorable démolition, cherche à en savoir un peu plus et se lie avec des exilés argentins. A tous, cette affiche rappelle bien des souvenirs. Pendant ce temps, la rumeur enfle : des membres des escadrons de la mort auraient débarqué à Paris alors que, à Buenos Aires, va s’ouvrir le procès des chefs de la junte. Rapidement, les « disparitions » recommencent, comme aux pires heures de la dictature. Au hasard de rencontres avec des personnages excentriques, l’enquête progresse de nuit, entre bar à tango, cinéma en cours de destruction et colonne de la Bastille, quand la vie bat son plein.

Ingrid Winerbach, Au Café du rendez-vous, Phoebus, 2015

Nous sommes à la fin de l’Apartheid, à Voorspoed, petite ville de Free Estate, en Afrique du Sud. Karolina Ferreira, entomologiste, recense et observe certaines espèces rares de phalènes. Ses deux pôles d’ancrage sont le veld et le café du Rendez-vous. Où l’on joue au billard jusqu’à l’hébétude. Karolina y danse le tango des heures durant avec le même homme sans que le moindre sentiment ne les réunisse. Et si les jours passent, des êtres inquiétants surgissent, parfois disparaissent, souvent s’incrustent, et des évènements surviennent : un fermier jaloux, un lieutenant de police obsédé sexuel, un acteur amant de l’épouse d’un notable ; un accident de voiture qui n’en est pas un, une famille entière massacrée. Et puis, il y a Jess Jankowitz, enveloppé de mystère et de séduction, avec lequel, de page en page, l’amour se construit et le temps s’oublie.

 


 

Théâtre

Copi & Ricardo Reim, Tango-Charter,

Laberge Marie, Deux tangos pour toute une vie, Boréal, 1993.

Slawomir Mrozek, Tango. Pièce en trois actes, Albin Michel, 1989.

Ne vous y trompez pas : le seul tango de la pièce, c’est la musique du final qui est la Cumparsita - l’auteur précise que ça ne peut être que celle-là ! La pièce est farfelue et est une apologie de la Pologne occupée, pressurée, puis enfin libre et qui ne sait pas encore faire avec.

Jean Richepin, Le Tango, 1913.

Jacques Sallin, Tango barbare, Publibook

De la France sous l’occupation jusqu’au début des trente glorieuses, la pièce de théâtre de Jacques Sallin s’illustre dans le genre de la farce. Gouvernés par le mordant de l’esprit slave, les personnages de ne s’inscrivent ni dans la lignée des héros, ni dans celle des vauriens ; ils représentent à la fois l’irrévérencieux et le pathétique, incrustés dans une époque qui nous bringuebale entre la souffrance de la perte et l’ennui d’un présent par définition sans fin…

 


 

PoésieCouple

Enrique Banchs

Carine Béhar, Tango des Mots. Carnet d’exploration d’une tanguera, Éditions de l’Atlantique, 2012.

Jorge Luis Borges

Vicente Buchieri, éditeur de la revue El Alma que canta, qui publia chaque semaine de 1916 à 1961 des paroles de tango.

Miguel A. Camino, « El Tango », dans le recueil Chaquiras (Verroteries)

Paul Celan, Todesfuge (en roumain Tangoul Mortii, Le Tango de la Mort), évocation poétique de la vie à Auschwitz

Ricardo Güiraldes, « Tango », dans le recueil El Cencerro de cristal, 1915. Ce poète est d’ailleurs le premier à avoir introduit la danse dans les salons du grand monde parisien. Un soir de 1911, alors que les invités de Mme de Reszke s’amusaient à improviser des pas sur des musiques exotiques, il demanda à un compositeur argentin de ses amis de jouer un tango et, enlaçant une dame dont il avait apprécié les qualités de danseuse, il lui enseigna les rudiments de la danse.

Fabrice Hatem, « Une anthologie bilingue du tango argentin », La Salida, hors-série n° 3, et en ligne.

Le poète Leopoldo Lugones détestait le tango, « ce reptile de lupanar ». Il le dansa pourtant à la fin de sa vie avec la très jeune femme dont il était tombé amoureux.

Marcelo del Mazo, Los Vencidos, 1908 (Trois poèmes : I. Los Bailarines, II. El Alma del Tango, III. Final de Tango)

Nicolas Olivari

Fernán Silva Valdès, « El Tango »

Saul Yurkievich & Henri Deluy, Les Poètes du tango, Gallimard, collection Poésie, 2006.

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