Tango et Littérature

 


Romans - Théâtre - Poésie


 

Rcouple de danseursomans où le tango joue un rôle

 

Tove Alsterdal, Tango fantôme, Babel, 2019

La veille de la nuit de Walpurgis, cette nuit de la fin avril où l’on fait brûler des feux pour dire adieu à l’hiver, une femme est tombée d’un balcon, du onzième étage. C’était Charlie, la sœur d’Helene Bergman, mais depuis des années elles ne se parlaient presque plus. Helene n’avait jamais partagé l’obsession de son aînée : découvrir ce qu’il était arrivé à leur mère, disparue en novembre 1977, quelque part en Amérique du Sud. De cette Ing-Marie si belle, il ne reste plus que quelques photographies et le souvenir de ceux qui l’ont aimée. Mais tandis que la police s’apprête à classer la mort de Charlie comme un banal suicide, Helene se dit qu’elle aurait dû révéler certaines choses. Au bout de ces omissions, elle va devoir conduire elle-même une étrange enquête. Pas sur une mort, mais sur deux. Pas seulement sur sa sœur, mais aussi sur sa mère. Pas seulement en Suède, mais aussi en Argentine.

Federico Andahazi, Errante en la Sombra. Novela musical, Alfaguara, 2004

Encarnación del tango, Juan Molina es protagonista y artífice de una historia de pasión y fatalidad. El fervor por su música, su tradición y su mística y la ciega adhesión al legado de los grandes cantores lo llevan a vivir a la sombra del más grande de todos: Carlos Gardel. Aunque esto signifique callar la pasión que lo consume. Exaltado por el mito, Molina sólo puede alcanzar la fama a través de su propia perdición.

Marc Anstett, Tango pourpre, Books On Demand, 2015

Sur l’île de la terre rouge, le tango est au centre d’un système communautaire dont il est devenu l’épine dorsale. Au même titre que l’art, il est une histoire collective en marche, et quand un insulaire danse, il danse sa vie. Mais à l’aube de l’année 2030, l’île se retrouve violemment confrontée aux deux géants qui l’entourent... La danse deviendra-t-elle l’ultime arme de résistance ? Entre fiction et réalité, une histoire singulière et symbolique se dessine. Métaphore d’une lutte pour la liberté, elle résonne comme le chant mythique des sirènes et lance son cri aux confins de la terre et de l’océan..

Roberto Arlt

  • Le Jouet enragé, Cent Pages, 2011

Une Buenos Aires fantasmagorique livrée au crime et à la prostitution, peuplée de déments et agitée de noirs complots. Roberto Arlt est l’un des plus grands auteurs argentins du début du xxe siècle.

  • Les Sept Fous, Belfond, 1981et Les Lance-flammes, Belfond, 1983

Employé à la Compagnie sucrière, Erdosain a pris l’habitude de puiser dans la caisse. Dénoncé, il est sommé de rembourser six cent pesos et sept centimes, et découvre le même jour que sa femme le quitte. Aux abois, il part trouver l’Astrologue, un être aussi mégalo que délirant, qui a pour projet de fonder une société secrète financée par les revenus d’une chaîne de maisons closes. Avec lui, un maquereau mélancolique, un rentier pervers, un pharmacien mystique, un aventurier chercheur d’or, un officier corrompu, un tueur illuminé : sept fous lancés dans une entreprise abracadabrante, sept fous lâchés au cœur des bas-fonds de la ville. Et Erdosain, en quête d’une raison d’exister, d’un Dieu qui toujours se dérobe.

Pieter Aspe, Dernier tango à Bruges, Albin Michel, 2014

Leur voyage de noces en Argentine a laissé des traces chez les Van In : Hannelore veut absolument que son flic de mari apprenne le tango ! Mais la disparition d’un homme perclus de dettes de jeu va le détourner des clubs de danse. Un mystère qui pourrait être lié à une affaire aux ramifications obscures, susceptible de compromettre plusieurs personnalités brugeoises. Parties fines qui tournent mal, scandales immobiliers, pots-de-vin, mafia russe… quand le commissaire Van In s’en mêle, c’est tout Bruges qui tangue !

Gabriel Attic, L’Eau et le Sel, Tango, Feuilles, 2013

Un jeune homme désœuvré, errant un  dimanche dans Paris au bord du canal Saint-Martin, suit une paire de  jolies jambes qui le conduisent dans un lieu inattendu : une milonga,  soit une boîte, où l’on danse le tango. Au gré de rencontres curieuses,  repoussantes, fascinantes, le héros, Thès, est intéressé, puis dévoré  par le tango qui ouvre pour lui le chemin de reprise de contact avec la  vie. Dans chaque chapitre, un ou des protagonistes successifs donnent  leur vision du tango et de Thès, l’apprenti tanguero, dans des  monologues intérieurs, des dialogues, des récits contrastés, drôles,  surprenants. Le tango devient une sorte de thérapie, de moyen de se  connaître, d’élever le corps et l’esprit, une mystique. C’est aussi,  pour le lecteur, une révélation du monde mystérieux des milongas et des  grands danseurs, une ouverture sur l’Argentine, pays du tango, où se  termine le roman. Pour les tangueros, c’est une vision nouvelle et très  positive sur leur art.

Franck Balandier, Gazoline Tango, Castor Astral, 2017

Benjamin Granger n’est pas ce que  l’on peut appeler un « chanceux ».  Depuis sa naissance, il souffre d’un  mal étrange : il ne supporte aucun bruit. Ni surtout aucune musique.  Sauf celle de Jean-Sébastien Bach que le père Germain lui joue à  l’harmonium, pour l’apaiser, dans son église désertée. Et, à force de  répéter 33 à des médecins qui ne savent pas réellement mettre un nom sur  sa maladie, il se persuade que, comme le Christ, il mourra le jour de  ses 33 ans, le 11 juillet 2016, à 13 heures 15 précises, au plus tard.  En attendant cette issue tragique, réduit à vivre avec un casque anti  bruit sur les oreilles, il s’invente des stratagèmes pour supporter le  monde qui l’entoure, aidé en cela par quelques habitants bienveillants  de la cité des peintres où il réside avec sa mère, batteuse dans un  groupe de rock.  Mémé Lucienne, conteuse au passé trouble, Isidore et ses fables de la  Fontaine, Yolande, égérie des causes perdues, Tarzan, le maître-nageur,  et surtout Noémie, la jolie sourde-muette aux gestes audacieux, tous  l’accompagnent dans sa quête d’un silence parfait. Mais c’est au bord  d’un grand fleuve africain, après un long voyage, à l’heure exacte  annoncée de sa mort, que son destin va s’accomplir dans un ultime pied de nez fait au malheur.

Elia Barceló, Heart of Tango, MacLehose Press, 2010

Natalia is to be married to a German sailor much older than herself, but two days before the wedding she meets Diego, a mysterious young dancer, and they fall immediately in love. When he serenades her on the eve of the ceremony, Natalia’s father unwittingly invites him to the festivities. There they dance a tango charged with passion, before Diego vanishes, knowing she is lost to him. Soon after the marriage Natalia’s father dies, and her husband is lost at sea, presumed dead. Penniless and alone, Natalia is persuaded to become a dancer in a tango hall. Diego discovers her there and vows to bring her away from this existence, but their reunion has devastating consequences. Many years later, the spirit of the dance and the lovers’ longing for each other draws together two strangers in a haunting meeting, a fusion of time and identities, despair and hope.

William Bayer, La Ville des couteaux, Payot, 2008

Silvia Santini, prostituée de haut vol, a été retrouvée adossée au mur du cimetière d’un quartier populaire de Buenos Aires, les mains attachées dans le dos et reliées à un nœœud coulant passé autour de son cou ; la première page d’un journal militant contre la corruption politique a été enfoncée dans sa gorge. Chargée de l’enquête, l’officier de police fédérale Marta Abecasis constate que la scène du crime a été complètement sabotée par la commissaire du quartier, Liliana Mendez. Délibérément ? La victime avait un souteneur yougoslave nommé Ivo Granic. Mais ce dernier est également assassiné, et son corps présente les mêmes blessures que celui de Silvia Santini. Pour Marta, cela rappelle étonnamment les méthodes des tortionnaires de l’armée, à la sombre époque du « processus de réorganisation nationale » quand les opposants étaient des disparus.

Sylvie Beyssade, Meurtres en tango, Scripto Tango, 2021

Alma, la trentaine gracile, rencontre le tango au hasard d’une promenade sur les quais de la Seine à Paris. Aussitôt fascinée par une musique et une danse qui bercent sa mélancolie, elle ne tarde pas à être submergée par le désir de se fondre dans la sensualité d’étreintes inconnues. Jusqu’au jour où une jeune danseuse est assassinée alors qu’elle sortait d’une soirée tango. Une proie facile pour un prédateur qui serait aux aguets dans les rues noires et désertes ? À moins que l’auteur du crime n’appartienne à la communauté tanguera ? Tandis que la police enquête et que la suspicion s’immisce, Alma, en dépit de ses frayeurs et de ses effrois, ne cherche pas à s’éloigner du monde du tango. Elle poursuit son voyage qui la mènera au terme de sa passion. Ce roman plonge dans un univers fascinant fait d’apparence, de volupté et de mystère.

Sacha Black, Elle dansait le tango, Create Space Independent Publishing Platform, 2015

couple de danseurs

Un homme, une femme… Meurtris par la vie, hantés par un passé douloureux, ils sont incapables d’aimer. Leurs chemins se croisent à plusieurs reprises. Leur rencontre va remettre en question le fragile équilibre de leur existence et faire basculer leur vie. Ils vont découvrir que leurs destins sont inextricablement liés, bien au delà de ce qu’ils pouvaient même imaginer… Elle dansait le tango est une histoire d’amour, de quête et de résilience, un roman psychologique épicé d’un zeste d’érotisme, qui flirte avec le thriller.

Jorge Luis Borges, « L’Homme au coin du mur rose », in Histoire Universelle de l’Infamie, 1935

Anne Capelle, La Dame Tango, Belfond, 1977

La Dame Tango est le roman d’une nation, et d’une femme. Personnage dérisoire, petite danseuse élue au rang d’épouse par un dictateur en exil, la « Dame Tango » n’est préparée en rien à l’héritage qu’impose une morte, adulée par tout un peuple. Sa chute, irrésistible, s’inscrit dès l’instant où elle croit détenir le pouvoir suprême. Un livre qui rappelle des faits et des personnages connus et qui, pourtant, s’il utilise quelquefois, en collage, des paroles authentiques, se sert de la fiction pour mieux atteindre la vérité.

Philippe Carrese, Tango à la Romaine,

Mai 1967, en pleine guerre froide. Les communistes du groupe Potere Rosso mandatent l’un des leurs, Pietrino Belonore, jeune homme fougueux travaillant au sein d’un cabinet américain, pour commettre un attentat retentissant au cœur de Rome… Rien ne se passe comme prévu et Zefirino, victime collatérale de l’acte manqué est bien décidé à se venger contre l’organisation communiste… Potere Rosso veut quant à elle punir le camarade qui a échoué dans sa mission…Et surgit l’amour, aux accents de bandonéon qui vient donner du fil à retordre à Pietrino Belonore.

Tony Cartano, Milonga, Albin Michel, 2004

Gabriel, Rafael et Estefania Ortega, les enfants d’une lignée tumultueuse et d’une Argentine en éternelle ébullition, ont vécu l’exil en Europe. Malgré les différences et les heurts qui les séparent, tous trois mènent une même quête passionnée : atteindre à l’idéal artistique. La photo, la peinture et la danse sont des tentatives de panser une déchirure encore trop vive. De retour trente ans plus tard à Buenos Aires, les deux frères, éternels rivaux, doivent affronter ensemble un passé familial tragique, dans un pays livré au chaos. Un roman abrupt et sensuel, qui prend à corps l’histoire du siècle et la folie du monde, et nous entraîne au cœur du mystère des origines et de la création, où l’amour et la haine s’enlacent comme des danseurs de tango et de milonga.

Maurice Chabannon

  • La Vie est une milonga… et le tango bat la mesure, L’Harmattan, 2017

Clémence est française, et, dans le cocon d’une enfance heureuse, elle choisit de travailler le violon, tout en cultivant une vocation de professeur de lettres. Feliciano est argentin, issu d’une famille rurale modeste. Depuis son plus jeune âge, il rêve de devenir bandonéoniste. Sur la toile de fond des événements familiaux, politiques et historiques qui donnent de l’épaisseur à deux destins parallèles, nos héros suivent le fil chaotique de la vie, cherchent l’équilibre, et traquent la vérité musicale en s’imprégnant du tango argentin.

  • La dernière Cuite, L’Harmattan, 2014

Que va-t-il advenir d Antonio après cette cuite au Malbec ? Ce roman suit le destin parallèle de deux jeunes couples à Buenos Aires, dans une Argentine secouée par des régimes politiques et économiques tourmentés. L amour et le tango aident à y surmonter les difficultés, mais la révolte et le désespoir couvent sur fond de manifestations sociales.

  • Avec un tango à fleurs de lèvres, L’Harmattan, 2011 (nouvelles)

Monica Charlot-Winoc, Grand Café Tortoni, Bamboo Edition, 2018.

Rodolfo était danseur de tango, disciple exclusif du mythique Maestro… jusqu’à sa rencontre avec La Mina. Peu douée pour la danse, elle a charmé le séduisant tanguero dont le talent lui a permis de briller dans la capitale argentine. Mais Rodolfo a vieilli. La Mina, elle, a gardé le même désir, la même ambition. Un nouveau faire valoir, plus jeune, lui assurerait un regain de notoriété… Elle jette son dévolu sur un danseur nouvellement débarqué et réussit à convaincre Roldolfo de l’aider à le préparer à sa rencontre avec le Maestro. Le Gran Cafe Tortoni est le lieu d’initiation rêvé. Mais le tango et l’innocence de la jeunesse ne font que rarement bon ménage.

Jérôme Charyn, Mort d’un roi du tango, Mercure de France, 1999.

« Elle avait depuis longtemps l’habitude de tomber amoureuse de menteurs, de bandits et de braqueurs de banque… Mais jamais personne ne l’avait embrassée comme Don Ruben. Personne ne lui faisait autant frémir les jambes, ne savait engloutir son visage de cette façon… » Yolanda est en prison – une petite attaque à main armée qui a mal tourné. La police lui propose un marché : la liberté si elle l’aide à retrouver la trace de Ruben, son cousin dont elle était amoureuse à sept ans, devenu un des chefs du cartel de Medellín. C’est dans les rumbeaderos, les écoles de tango, qu’elle va le chercher parce qu’elle sait à quel point cette musique-là lui colle à la peau depuis toujours. Mais Ruben est il vraiment une crapule ? Il consacre son argent à aider les pauvres et Yolanda était folle amoureuse de lui dans son enfance.

couple de danseursCopi, La Vie est un tango, Hallier, 1979

Benoît Coquil, Buenos Aires n’existe pas, Paris, Flammarion, 2021

Nous sommes le 9 septembre 1918 et Marcel Duchamp, qui a fui les États-Unis, descend d’un bateau comme le parfait don nadie, Monsieur Tout-le-monde. Il cherche un rivage un peu ouaté qui assourdisse le boucan de la guerre : ce sera Buenos Aires. Mais ce que Duchamp ne sait pas à son arrivée, c’est que la ville parle mille langues, raffole des sciences occultes, ignore encore le cubisme et s’apprête à connaître la plus grande insurrection ouvrière de son histoire. Très beau prologue sur l’immigration ; le tango passe parfois de l’arrière-plan au devant de la scène (la compagne de Duchamp s’appelle Yvonne).

Julio Cortázar, Marelle, Gallimard, 2005

Marelle est une sorte de capitale, un de ces livres du XXe siècle auquel on retourne plus étonné encore que d’y être allé, comme à Venise. Ses personnages entre ciel et terre, exposés aux résonances des marées, ne labourent ni ne sèment ni ne vendangent : ils voyagent pour découvrir les extrémités du monde et ce monde étant notre vie c’est autour de nous qu’ils naviguent. Tout bouge dans son reflet romanesque, la fiction se change en quête, le roman en essai, un trait de sagesse zen en fou rire, le héros, Horacio Oliveira, en son double, Traveler, l’un à Paris, l’autre à Buenos Aires. Le jazz, les amis, l’amour fou d’une femme, la Sibylle, en une autre, la même, Talita, la poésie sauveront-ils Oliveira de l’échec du monde ? Peut-être car Marelle offre plusieurs entrées et sorties. Un mode d’emploi nous suggère de choisir entre une lecture suivie, « rouleau chinois » qui se déroulera devant nous, et une seconde, active, où en sautant de case en case nous accomplirons une autre circumnavigation extraordinaire. Le maître de ce jeu est Morelli, l’écrivain dont Julio Cortázar est le double. Il cherche à ne rien trahir en écrivant et c’est pourquoi il commence à délivrer la prose de ses vieillesses, à « désécrire » comme il dit. D’une jeunesse et d’une liberté inconnues, Marelle nous porte presque simultanément au paradis où on peut se reposer et en enfer où tout recommence. Bien que le roman ne parle pas du tango (encore que…), la danse est une manière de comprendre sa forme.

Michel Courat, Dernier tango à Plouescat, Alain Bargain, 2012

Personne ne danse dans ce roman policier breton humoristique. C’est l’enquête qui est prise dans des ribotes incessants.

Joana de Fréville, Le Pas du lynx, Les Allusifs, 2015

On a le tango - il prononce tang-go - tatoué sous la peau, une fois imprimé dans les muscles, impossible de s’en défaire. Quand on danse, vous avez remarqué, quelque chose vous vrille le ventre, le monde alentour s’électrise, devient léger, charnel et absent, généreux, totalement illusoire. Accompli. Afin d’honorer un étrange contrat, un peintre et une jeune photographe, tous deux exilés, se retrouvent chaque soir pour danser en silence. Ils ont en commun un objectif : ne rien dire de soi, ne rien savoir de l’autre, jusqu’au moment où un événement compromet cet accord. A travers ce premier roman, Joana de Fréville chorégraphie la part secrète de deux solitaires que leur rencontre désarçonne. Oscillant entre tragique et légèreté, elle rend un hommage insolite au tango argentin et à ta soif irrépressible de vivre.

Frédérique Deghelt, Libertango, J’Ai Lu, 2017

Luis est né en 1935. D’origine espagnole, il vit à Paris avec ses parents et ses sœurs. Handicapé, il grandit, l’oreille collée au transistor, en découvrant l’enlacement des arpèges, la beauté des concertos, cantates et symphonies. La musique devient son unique refuge. À vingt et un an, seul sur les bords de Seine, Luis est soudain bouleversé par le son d’un bandonéon. Désormais, plus rien ne sera comme avant. Libertango est le roman le plus envoûtant de Frédérique Deghelt. Un livre d’allégresse qui génère et convoque l’émotion du beau, cette émotion que la musique retrouve en chacun de nous. Une émotion qui porte Luis et le sauve.

Gérard Delteil, Dernier Tango à Buenos Aires, Actes Sud, 2000

Ex-militant trotskiste, Gilbert Chauveau est aujourd’hui un élu socialiste reconverti dans le trafic d’armes, qui se planque à Buenos Aires pour échapper à la police française. Ce n’est certes pas la première fois qu’un notable corrompu tente d’échapper à son passé. Mais pourquoi se prétend-il toujours menacé, quand il jouit désormais de la protection de l’ancienne junte argentine ? Qu’espère-t-il sinon la juste rétribution de ses infidélités politiques ?

Caroline de Mulder, Ego Tango, Champvallon, 2010

On a le tango - il prononce tang-go - tatoué sous la peau, une fois imprimé dans les muscles, impossible de s’en défaire. Quand on danse, vous avez remarqué, quelque chose vous vrille le ventre, le monde alentour s’électrise, devient léger, charnel et absent, généreux, totalement illusoire. Accompli. Afin d’honorer un étrange contrat, un peintre et une jeune photographe, tous deux exilés, se retrouvent chaque soir pour danser en silence. Ils ont en commun un objectif : ne rien dire de soi, ne rien savoir de l’autre, jusqu’au moment où un événement compromet cet accord. A travers ce premier roman, Joana de Fréville chorégraphie la part secrète de deux solitaires que leur rencontre désarçonne. Oscillant entre tragique et légèreté, elle rend un hommage insolite au tango argentin et à ta soif irrépressible de vivre.

Couple

Carolina de Robertis, Les Dieux du Tango, Le Cherche-Midi, 2015

Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte l’Italie pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses bagages, le précieux violon de son père. Mais à son arrivée, elle découvre que Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda est envoutée par le tango, la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville. Seulement, le violon est interdit aux femmes. Pour contrer cela, un soir, elle s’habille avec le costume de son mari et s’immerge dans le monde de la nuit et du tango. Elle va vivre, et le lecteur avec, toute l’évolution de la musique, entre drame et joie.

Régine Desforges, Noir Tango, Fayard, 1991

Dans ce quatrième tome de la série commencée avec La Bicyclette bleue, l’autrice brosse une fresque de la France de l’après-guerre. Elle met en particulier en scène un tango dansé avec une autre femme par une rescapée des camps de concentration qui se suicide peu après.

Ananda Devi, Indian Tango, Gallimard, 2007

“Elle s’est tournée pour partir sans même me voir, rentrée en elle-même, inatteignable. Elle a resserré le pan de son sari sur ses épaules. Sous la finesse du tissu, l’échancrure de la blouse laisse entrevoir une poitrine abondante. Peut-être n’est-elle même pas consciente de son attrait ? Peut-être n’y a-t-il eu personne pour le lui apprendre et réveiller en elle quelque orgueil endormi, quelque secrète vanité ? J’ai perçu en elle la promesse d’une musique qui n’avait pas encore été jouée et qui, même désaccordée, contiendrait sa secrète harmonie. Suffirait-il de jouer en virtuose de l’instrument pour l’allumer de lumières et de couleurs nouvelles et franchir ses ténèbres  ?” Avril 2004. New Delhi. L’Inde est en pleine campagne électorale. Sonia Gandhi - l’Italienne, l’étrangère - deviendra-t-elle le prochain Premier ministre ?… Mais pour Suhhadra, cinquante-deux ans, grande, plutôt ronde, une femme ordinaire, la préoccupation est autre : ira-t-elle à ce pèlerinage de renoncement des femmes ménopausées que lui propose sa belle-mère pour marquer la fin de sa féminité ? Ou cédera-t-elle au contraire à la mystérieuse séduction de l’autre qui la suit depuis un mois dans les rues de Delhi ? Un étrange pas de deux, chassé-croisé amoureux qui lui offre une chose que personne ne lui a jamais offerte : son propre corps.

Claire Deville, Les Poupées sauvages

« Il est minuit, la journée commence. Le tango c’est comme une maladie : on y tombe à cause d’une faille, et on ne peut bien s’en prendre qu’à soi-même. Une nouvelle lubie, ont dit mes amis - s’ils avaient su… » Les Poupées sauvages est une histoire triste comme un tango. Une métaphysique de l’abandon, ou comment danser pour ne pas mourir.

Alicia Dujovne-Ortiz, Femme couleur tango, Grasset, 1998

La Mireya chantée dans les tangos argentins et la Mireille peinte par Toulouse-Lautrec ne font qu’une. Celle-ci est différente des autres filles de Madame. Elle vient d’Albi et en a le parler rocailleux, elle ne se corsète pas, elle est naturelle et, vraie rousse, elle rayonne. Quand monsieur Henri, lui aussi originaire d’Albi, fait sa connaissance, il tombe amoureux et la prend pour modèle.

Tomás Eloy Martinez, Le Chanteur de tango, Gallimard Folio, 2007

On dit qu’il ne chante plus que dans quelques cabarets mal famés du port. On dit aussi qu’il est très malade mais qu’il chante parfois dans un vieux bar du centre-ville. Certains affirment qu’ils l’ont entendu chanter dans un square de Palermo, l’ancien quartier italien, et d’autres vont jusqu’à dire qu’il se produit inopinément sur les marchés populaires des faubourgs. Bruno Cadogan regarde perplexe la carte de Buenos Aires et essaie de déceler la logique qui commande les dernières apparitions de Julio Martel. Car ce légendaire chanteur de tango à la voix obscure et envoûtante, l’homme qui n’a jamais voulu enregistrer de disques, est bien plus qu’un mythe urbain. Martel est un artiste accompli qui ne laisse rien au hasard et qui dessine par sa présence (et son absence) une autre carte de la ville, les traits d’une énigme. Volontaire, résolu, le jeune Américain est prêt à tout pour le rencontrer et pour l’entendre chanter ces étranges morceaux dont il est le seul à connaître les paroles et le sens. Mais sa quête va le conduire là où il ne l’attend pas : au cœur même de l’insurrection populaire de 2001 qui fait chuter les présidents les uns après les autres. Bruno Cadogan se trouve ainsi emporté par le tourbillon de l’histoire dans un Buenos Aires rebelle et assoiffé de justice où la voix de Julio Martel est devenue l’un des symboles de l’espoir.

Wolfram Fleischhauer, Trois Minutes avec la réalité, Actes sud, 2012

Quel secret se cache derrière le tango effrayant d’intensité que le célèbre Damiàn danse avec Nieves dans un théâtre de Berlin ? Qui est cet Argentin beau et inquiétant dont s’éprend Giulietta - une danseuse classique à mille lieues de cette violence qui la terrifie et la subjugue - au point que lorsque Damiàn regagne Buenos Aires, elle décide de le suivre et de le retrouver coûte que coûte ? Elle ignore tout de ce pays, mais elle sait que le milieu du tango est petit et que chacun doit l’y connaître. Cette quête nous vaut une plongée passionnante dans un Buenos Aires ancestral qu’ont bouleversé l’histoire récente de l’Argentine et la dictature militaire. Mais la découverte la plus cruelle sera pour Giulietta le rôle joué par son père et, au-delà de lui, l’implication de l’Allemagne dans la politique américaine en Amérique du Sud. Ce roman noir, qui est aussi une histoire d’amour fou, ravira le lecteur de thrillers comme l’amateur de tango.

Maurice Gouiran, Sur nos cadavres ils dansent le tango, Jigal, 2014

Vincent de Moulerin, notable  marseillais et conseiller municipal, vient d’être abattu de quatre  balles de 11.43 dans un parking souterrain du centre-ville. Emma, jeune  lieutenant de police au look étrange se retrouve en charge de l’enquête  sur ce meurtre apparemment crapuleux. Mais, suivant son instinct et les  conseils de Clovis, elle décide de fouiner dans le passé de la victime.  De Moulerin est en effet un ancien colonel des paras qui a fait le coup  de feu en Indochine. Il y est devenu un expert reconnu de la guerre  antisubversive, appliquée en Algérie et bientôt exportée et enseignée  avec succès en Argentine. L’Argentine, où en 76 une clique de généraux  prend le pouvoir, instaure la dictature et terrorise le peuple :  enlèvements, disparitions et tortures sont alors le lot de tous les  opposants réels ou supposés. Et puis il y a Kevin, le petit-fils de  Vincent, un ado apparemment disjoncté, qui bien que vivant reclus dans  sa chambre et passant sa vie dans Second Life est en train de comprendre  beaucoup trop de choses. Mais quel rapport existe-t-il donc entre le  Mondial Argentin de 78, l’École de Mécanique de Buenos Aires, Videla et  sa junte, les bruits de bottes dans la Médina d’Alger, la Patagonie, les  « desaparecidos », Kevin et Vincent de Moulerin ?

Almuneda Grandes, Malena c’est un nom de tango, Plon, 1996

Avec ce livre Almudena Grandes débute une œuvre dans laquelle les histoires de famille toujours assez sordides tiennent une grande place. Ici il s’agit du grand-père de Malena qui a toute sa vie entretenu deux foyers sans véritablement se cacher. Et se nouent au sein de cette cohorte de frères, soeurs, demi-frères et demi-soeurs des drames comme seule le milieu clos familial peut produire. Et comme jamais rien n’est simple dans les livres d’Almudena Grandes, les relations familiales se hissent à un degré élevé de complication par la présence de plusieurs couples de jumelles, par la découverte des relations sexuelles entre jeunes cousins adolescents, par des imbrications étonnantes entre les différents membres de cette grande et double famille.

couple de danseursHélène Grémillon, La Garçonnière, Flammarion, 2013

Ce roman est inspiré d’une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c’est l’hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout. Les êtres humains, si.

Céline Guarneri, Comme un goût de tango sous les talons, éd. Baudelaire, 2013

Un incident en apparence sans importance peut parfois initier toute une série d’étranges bouleversements. Rose et Mathis ne se doutaient pas qu’en brisant un vase, ils allaient déclencher tout un tourbillon d’événements dramatiques qui allait changer le cours de leurs vies. Héritiers involontaires d’un secret en apparence bien gardé, ils combattent les fantômes du passé pour cheminer vers des réponses évanescentes. Une rencontre dans un train et la découverte d’une correspondance secrète les transformeront en passagers clandestins d’une ballade au goût de tango où le hasard n’existe pas. Au fil du temps, autour du monde, on se laisse emporter dans ce roman polyphonique empli de mystères, de dangers et de passions. Au fond des chagrins, il y a toujours des choses qui valent la peine.

Jean-Michel Guénassia, La Vie rêvée d’Ernesto G., Albin Michel, 2012

De 1910 à 2010 et de Prague à Alger en passant par Paris. La traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif pragois. En Bohème l’adolescent découvre Carlos Gardel et devient un dieu du tango. Après des études de médecine à Paris, son parcours se poursuit à Alger et dans le djebel. Voici la vie d’un héros malgré lui, pris dans les tourmentes de l’Histoire. Une vie d’amours et de grandes amitiés, une vie d’espoirs et de rencontres. Un roman traitant de la délicate nostalgie des hommes ballottés par l’Histoire, les hommes qui tombent et qui font de cette chute même et de leur désenchantement une œuvre d’art. Ici le tango n’est pas au centre du roman, mais ses airs en ponctuent de nombreuses périodes.

Ricardo Güiraldes, Raucho: momentos de una juventud contemporánea, Escasa-Calpe S. A., 1917

On dirait aujourd’hui qu’il s’agit d’une autofiction. Güiraldes raconte sa jeunesse baignée par le tango qu’il introduisit dans les salons parisiens.

Ángel Mario Herreros, La noche que secuestramos al Cachafaz, y otros cuentos de tango, 2009.

Stéphanie Janicot, Soledad, LGF, 2002

Rien ne destinait Soledad, jeune fille bien née de la bourgeoisie mexicaine, à devenir célèbre en Argentine en chantant des tangos. Soledad chante, ou, plutôt, pleure le tango. La sobriété et la justesse de son interprétation font d’elle une star nationale. Mais, comme dans tout tango qui se respecte, Soledad sera rattrapée par son passé, ses fantômes. Elle est accusée d’avoir tué son amant. A la barre d’un tribunal de Buenos Aires vont se succéder tous les acteurs de sa vie.

László Krasznahorkai, Tango de Satan, Gallimard Folio, 2007

Une plaine hongroise balayée par le vent et l’incessante pluie d’automne. Dans une ferme collective à l’abandon, quelques habitants végètent, s’épiant et complotant les uns contre les autres, lorsqu’une rumeur annonce le retour de deux autres personnages que l’on croyait morts. Certains y voient l’arrivée d’un messie, d’autres redoutent celle de Satan. Ce roman, conçu comme un tango où les danseurs viendraient les uns après les autres sur la piste de danse, nous plonge dans un voyage poétique, une quête de vérité emplie d’humanité sur la place de notre existence face au Temps.

couple de danseursAgnès Laroche, La Vie dure trois minutes, Rageot Editeur, 2018.

D’après mes parents, ça me ferait du bien d’exprimer ce que je ressens. Mais même si parfois je meurs d’envie de tout leur raconter, je n’en ai pas le droit. Ce secret ne m’appartient pas. Alors j’ai ouvert un cahier et j’ai commencé mon récit, juste pour moi. Par le tout début. Par le jour où Chloé est entrée dans ma vie… La vie est un tango.

Wendy Law-Yone, Tango birman, Rivages, 2001

Avoir appris à danser le tango donne à une jeune fille pleine d’énergie, débrouillarde et espiègle surnommée Tango - la possibilité de quitter son village au bord du fleuve Irawady en Birmanie pour la capitale, Rangoon. Elle y épousera un colonel ambitieux. Enlevée par un mouvement de guérilla, elle deviendra son porte-parole, puis ce sera l’exil aux États-Unis. Elle revient à Rangoon vingt-cinq ans après. C’est là que commence le roman, avec le cri d’un lion prisonnier, et c’est là qu’il finit, dans les années 90. Entre les deux, le récit est puissant, émouvant comme son héroïne. Tango est une femme qui, avec élégance, maîtrise et violence, conquiert sa liberté. Son destin n’est que revirements, comme le tango.

Maurice Leblanc, La Femme aux deux sourires, 1933 ; réédition Robert Laffont, collection « Bouquins », 1986.

On danse beaucoup le tango dans cette aventure d’Arsène Lupin, mais sans détails. C’est plutôt un élément du décor des années folles parisiennes.

Hervé Le Corre, Tango Parano, Le Seuil Points, 2016

“Le tango ? Sait-on jamais avec qui on le danse ? Qui a écrit la partition ? Qui la joue ? Méfiance… Tango, parano. Ça rime à quoi ?” Vallès, un ex-flic mis au vert après avoir pété les plombs, est contacté par les services spéciaux pour tirer au clair le meurtre d’une jeune Bordelaise de bonne famille. Il infiltre une secte richissime, dont les rapports avec l’Etat s’avèrent complexes. Peu à peu, il se rend compte qu’il est utilisé bien malgré lui dans des joutes de pouvoir au sommet. Une série de situations rocambolesques commence alors pour Vallès, qui cherche tant bien que mal à préserver son indépendance d’esprit. Les capitaines Schmidt et Cousin le  savent : Vallès, leur ancien collègue, a pété les plombs. Tragédie  personnelle et fragilité psychologique. Pourtant qui mieux que lui  pourrait résoudre le meurtre de cette jeune Bordelaise ? Infiltré pour  la cause au cœur d’une secte, Vallès marche sur des oeufs et des  cadavres. Manipulation, paranoïa, la danse promet d’être corsée.

Blandine Lejeune, Dernier tango à Lille, Ravet-Anceau, 2013

Dans son cabinet du Vieux-Lille, l’éminent et controversé psychanalyste Daniel Libbovitch reçoit son dernier patient de la journée. Pressé d’en terminer le praticien n’a qu’une chose en tête, sa leçon de tango argentin. Leçon à laquelle il ne se rendra jamais ; il est retrouvé mort, la gorge tranchée, au beau milieu de sa salle d’attente. Pour le commandant de police Boulard, il va falloir mener l’enquête tambour battant : l’une des nombreuses maîtresses de Libbovitch, également danseuse de tango, semble à son tour menacée

Antonio Lobo Antunès, La Mort de Carlos Gardel, Christian Bourgois, 1995

Ce n’est pas Gardel qui meurt dans ce roman du grand auteur portugais, mais un jeune homme, dernier rejeton d’une famille de la petite bourgeoisie lisboète. Nous écoutons l’une après l’autre les voix intérieures de tous ceux qui ont interféré avec sa vie. En revanche Gardel est au centre de tout, dans l’esprit malade du père.

Lorenzo Lunar, La Vie est un tango, Jouy-le-Moutier, ILV éditions, 2011

Dans La Vie est un tango, c’est tout un quartier qui prend vie, peuplé de rumeurs et de faux-semblants.

Henning Mankell, Le Retour du professeur de danse, Seuil, 2006

Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d’apprendre qu’il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé à mort. Pour tromper son angoisse, il part à l’autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifient les traces sanglantes sur le parquet, comme si le tueur avait dansé un tango avec le corps de sa victime ? Les ombres d’un passé très noir se réveillent. Elles ont frappé, et vont frapper encore. Mais Stefan n’a plus rien à perdre.

Manuel Mejía Vallejo, Aire de tango

Vida de barrio en Medellín, entre tangos y milongas, prostitutas, peleas, puñales y cafés: Guayaquil y Gardel, es el ámbito de la escritura de Aire de tango [1973]. Novela clave de la literatura urbana en Colombia, su obra más elaborada, innovadora y compleja desde el punto de vista de la estructura literaria. Con ella, Mejía Vallejo llega a su madurez como escritor.

Pierre-Alain Mesplède, Les Trottoirs de Belgrano, Gallimard, 2015.

« Puchy a toujours dit que le quartier était un monstre. Je l’ai entendu dire tant de fois que j’ai fini par me l’imaginer moi-même ainsi : une pieuvre pourvue d’un million de tentacules. » Léo Martin est depuis peu commissaire de quartier à Santa Clara, ville de province cubaine. Sa routine : faire face aux business illégaux, aux règlements de comptes et aux coups tordus des petites frappes du coin. Léo enquête sur une contrebande de lunettes de soleil quand un jeune homme se fait assassiner. Quels sont les liens entre ces deux affaires ? Les amis et collègues de Léo sont-ils tous irréprochables ?

Hans Meyer zu Düttingdorf, La Mélodie du passé, Pocket, 2016

En vidant l’appartement de sa mère qui vient de mourir, Christina, une jeune journaliste berlinoise, trouve une vieille carte postale représentant un groupe de joueurs de tango de Buenos Aires, au dos de laquelle est écrit un mystérieux message. Intriguée, Christina décide de fouiller le passé de sa mère et apprend que celle-ci n’était pas celle qu’elle croyait. A la recherche de ses véritables origines, la journaliste part pour l’Argentine. De l’autre côté de l’Atlantique, elle enquête dans le sillage de son arrière-grand-mère Emma, une jeune femme audacieuse qui a quitté son Allemagne natale dans les années vingt pour trouver le bonheur auprès de Juan, un riche Argentin ambitieux épousé dans la précipitation. La jeune mariée est pourtant troublée par Eduardo, un joueur de bandonéon qui exerce sur elle une fascination irrésistible. Cette passion bouleversera son existence, mais aussi celle de ses descendants.

Mylène Mouton, Yiddish Tango, Gulf Stream, 2019

Étienne, 14 ans, violoneux, comme dirait sa nouvelle amie Elisa, se prépare à une grande audition. A l’approche de Noël, pour faire plaisir à sa Mamé, il joue un magnifique tango devant le public conquis de la maison de retraite. L’un des résidents, qu’Etienne a surnommé Furax en raison de son caractère exécrable et agressif, semble plus touché encore que les autres par la prestation du jeune musicien. Si bouleversé qu’il révèle à Étienne l’existence du plus beau des violons, un Prince ! Mais ce violon est maudit, maléfique et dangereux. Nul ne doit le toucher, sous peine d’être pris à son tour dans la malédiction. Délire d’un homme sénile ? Mettant de côté les avertissements du vieillard, l’adolescent, poussé par sa curiosité, dérobe l’instrument. Commence alors pour lui une longue et passionnante quête, qui lui fera remonter le temps et le plongera dans les heures les plus sombres de l’histoire.

Daniel Moyano, Livres de navires et bourrasques, Robert Laffont, 1983

Condamné à l’exil par la dictature du Général Videla, Moyano imagine un voyage dans un navire où 700 exilés politiques entreprennent le retour vers une Europe qui avait vu, autrefois, partir ses grands-parents. L’attachement à la langue du pays qu’ils viennent de quitter est très présent tout le long des quinze chapitres du roman. C’est pourquoi les références au tango et à la culture populaire y sont extrêmement nombreuses.

Elsa Osorio, Tango, Métailié, 2007

Au Latina, un café parisien, Luis invite Ana à danser un tango. Passionnés par la danse argentine, ces deux inconnus découvrent qu’ils ont en commun une histoire. Leurs aïeux croisaient déjà leurs pas au rythme du tango, dans le Buenos Aires du début du XXe siècle, avant les dictatures, quand l’Argentine était encore la terre promise d’innombrables immigrants.

LCoupleaura Pariani

  • Quand Dieu dansait le tango, Flammarion, 2004

A travers le destin de six familles italiennes qui, au cours du XXe siècle, ont rejoint l’Argentine dans l’espoir d’une vie meilleure, Laura Pariani reconstitue la petite et la grande histoire de l’émigration vers le Nouveau Monde. En seize chapitres, autant de femmes témoignent de ce que fut leur vie. Elles parlent des hommes qui les ont aimées mais qui les ont aussi souvent trompées, battues, quittées, déçues ou abusées de toutes les façons. Elles pleurent ceux qui sont morts, parfois de mort violente, les laissant seules bien trop tôt se débrouiller avec la promesse d’un eldorado perdu à jamais, dans un pays à la dérive fréquemment soumis aux crises, aux dictatures et à l’arbitraire des puissants.

  • Tango pour une rose, Flammarion, 2007

« Dans le sillage du tango, le thème du grand amour qui allume le charbon de l’âme s’est imposé à mon texte : pas la terreur amoureuse d’une Ophélie, d’une Yseult ou d’une Anna Karénine qui vont les genoux tremblants à un rendez-vous, mais l’égarement d’un esprit éduqué dans le bon goût et la discipline en présence d’une femme fatale. » Laura Pariani En imaginant les tout derniers instants de la vie d’Antoine de Saint-Exupéry, jette un éclairage romanesque sur la folle passion qui l’unit à sa femme, Consuelo rencontré à Buenos Aires, sur un fond esquissé de tango.

Pierre Pelot, Parabellum Tango, J’ai Lu, 1980

Pour Noman, c’est le bonheur : il est enfin admis dans le Domaine de l’Œil, le paradis des Citoyens... Assistés, sécurisés, gouvernés - surveillés - par le Programme et la Loi. Le contraste total avec Hors-Vue, le pays natal de Noman, qui n’est que misère et anarchie… Un pays que l’Œil veut d’ailleurs conquérir et où les Scruts - ses agents - s’infiltrent... Déjà, le chanteur contestataire Girek, auteur de Parabellum tango, a été interdit de TV. Il lui reste les rues. Dans l’attente de sa nomination au très haut poste de Veilleur, Noman est envahi de malaises, de pensées étranges - coupables… tandis qu’à Hors-Vue, Girek, traqué, se tait. Il ne chantera plus Parabellum tango mais continuera la lutte, avec d’autres armes...

Ernest Pépin, Le Tango de la haine, Gallimard, 1999

« Le tango est une pensée triste qui se danse. » Ce « tango » de la haine est le récit d’une danse infernale, celle de la séparation douloureuse d’un couple, Abel et Nika, qui ont vécu vingt ans ensemble. Lorsque Abel, le mari, reprend sa liberté et refait sa vie, Nika se mue en tigresse. Le roman se confond alors avec la rage qui l’anime, il cède au déferlement lyrique, incantatoire et luxurieux sur le tempo nerveux du créole.

Arturo Pérez-Reverte, Le Tango de la vieille garde, Seuil, 2013

Le temps d’un tango, ils se sont consumés l’un pour l’autre. À bord du Cap Polonio, Max, le danseur gigolo, et Mecha, l’épouse d’un richissime compositeur, entament un pas de deux très risqué. Des bas-fonds de Buenos Aires aux grands hôtels de la Riviera, leurs chemins ne cessent de se croiser. Une danse en 1928, une mission d’espionnage en 1937, un tournoi d’échecs en 1966… Hasard ou destinée ?

Jean Perron, Tango Tatouage, David, 2015

Des chevaux blancs, bruns et noirs apparaissent ici et là, détendus. On ne saurait dire s’ils font partie d’élevages ou s’ils vivent à l’état sauvage. Rien ne semble délimiter ce vaste territoire chargé d’énergie tellurique. Aucune clôture. Aucune affiche. Je sors mon caméscope pour capter ce paysage fuyant, sur lequel je ne peux toutefois projeter tout ce qui me passe par la tête en même temps : les souvenirs de Buenos Aires, encore brûlants, et les réflexions sur mon séjour dans cette ville. À l’opposé, je ne pourrais non plus, même si je tentais de tout oublier en plongeant mon regard dans le décor en mouvement par la fenêtre, effacer de ma mémoire les images et les pensées chargées de questions qui me poursuivent au rythme du train. Je me sens tatoué de l’intérieur, au son d’un tango aussi doux que déchirant.

Ricardo Piglia, Argent brûlé, Zulma, 2010

1965, un contexte politique trouble en Argentine,mars les péronistes remportent les élections législatives. 1966, le coup d’Etat militaire amènera la dictature.
Septembre 65, une attaque meurtrière d’un fourgon par une bande de truands, des tueurs ! surement renseignés par des autorités locales.
Puis la cavale en Uruguay et un siège de 15 heures à Montevideo digne de la bande à Bonnot. Violence de gangsters drogués, déchaînés, de la Police le Commissaire Silva est le prototype du tortionnaire de l’époque et du pays.

couple de danseursManuel Puig, Le Plus beau tango du monde (Boquitas pintadas), Gallimard, 2011

Inventeur d’une vision de la réalité, d’un ton et d’une manière inédits dans la littérature sud-américaine, Manuel Puig a inauguré, avec Le plus beau tango du monde, une véritable rhétorique du cliché, des lieux communs du langage et du comportement, pour mieux percer le subconscient collectif d’un pays - l’Argentine - et d’une époque - les années 1940.

Olivier Rolin, Bar des flots noirs, Seuil, 1987

Dans les souvenirs d’un homme qui ne se lasse pas de porter aux barmaids un amour vif et futile tournent des silhouettes de villes au loin, des portraits de femmes qu’un trait brillant sauve de l’ombre, des évocations d’écrivains qu’il a connus - en chair et en os, ou en mots ? Buenos Aires, Lisbonne, Trieste, Prague ou Alexandrie, ce lent vertige fait s’échanger les lieux, glisser les images jusqu’à esquisser la chimère d’une ville unique, d’une femme qui les rappelle toutes, Amalia, Adriana, Aurelia de l’Ideal, d’un écrivain-Protée dont Pessoa, le poète aux multiples masques, pourrait être la figure centrale.

Thomas Rosenboom, Le Danseur de tango, Stock, 2006

Un emploi sans intérêt, un physique peu avantageux, une vie amoureuse inexistante - Han Bijman est un homme qui a l’échec dans les veines, une sorte de fantôme qui traverse la vie sans y laisser la moindre empreinte. Les cours de tango sont sa seule fantaisie. C’est lors de son premier salon de tango que Han fait la connaissance d’Esther, jeune femme frivole et versatile. Comme ces tangueros qui ne vivent et respirent que pour la danse, Han se laisse très vite captiver par cette belle libertine. Mais jusqu’où peut aller un homme ordinaire quand son seul objet de désir semble s’échapper ? Abandon et maîtrise, attirance et rejets, regards et suggestions.

San Antonion, Tango chinetoque, Presses Pocket, Hors Collection Pocket - N° 60, 2020

Moi, vous me connaissez ? J’ai pas  l’habitude de vous mener en bateau, et quand ça m’arrive, c’est moi qui  rame ! Alors, si je vous affirme que vous n’avez encore jamais lu un  bouquin comme celui-ci, vous pouvez me croire ! Dans le Tango  Chinetoque, vous allez trouver des trucs qui vous feront dresser les  poils des bras sur la tronche ! Vous y verrez comment, en Chine, on  fabrique mille kilomètres d’autoroute par jour ! Comment un mouton tombe  amoureux de Béru ! Comment Béru opère de l’appendicite un zig qui n’en a  pas besoin ! Vous y verrez comment le Gros et moi on se paye une  virouze dans le Cosmos ! Parfaitement ! Et puis, l’amour à la chinoise,  ça ne vous dit rien ? Cette extraordinaire aventure se passe en Chine, mais on ne rit pas  jaune pour autant. Et si le coq gaulois se fait déplumasser le dargif  par moments, ça ne l’empêche pas de chanter fort !

Véronique Sauger, Tango Loft, Les Indés, 2016

Brume est un enfant abandonné. Âgé de 34 ans, mais un enfant quand même, dans sa tête. Il a trouvé refuge chez des voisins danseurs de tango, Jean et Suzy, dans leur grand loft de verre. Ça, c’est ce qu’ils croient, eux, tous les trois. La vérité se révélera bien plus sombre, bien plus violente, bien plus implacable. Car Jean et Suzy s’attachent à Brume au point de se cacher les dangers cependant pressentis d’un comportement bien étrange. Au point même de ne pas suffisamment se méfier de cet homme-femme qui rôde, menaçant, au bas de l’escalator menant au grand espace vitré dans lequel ils vivent un bonheur parfait mais à l’équilibre fragile.

Jean Soublin, Le Tango d’Alzheimer, Atelier du Gué, 2014

Un homme se trouve confronté à la  maladie, au rythme lent des jours anciens et des instants qui  s’effacent. Des mots reviennent à la surface comme les stigmates du  passé sur l’écorce du temps ; des lieux disparaissent quand d’autres  surgissent au fil des pas... La mémoire s’accommode souvent des détails,  mais elle devient aussi un écran fugace où défilent les paysages. La «  Dulcinée » qui marche à ses côtés, elle, tient la ligne assez droite  pour ne pas faillir. L’auteur nous guide dans un labyrinthe encore peuplé des ombres  fugitives de la rue, d’hésitations et de flashes, du souvenir d’un  Ministère ou encore des rythmes de l’Amérique latine et de la pampa où  il a passé de nombreuses années. Retiré au milieu de ses livres, il  essaie de se réinventer de nouvelles aventures. L’auteur nous livre ici un témoignage sensible, pudique, vrai et  émouvant. Jean Soublin, romancier et essayiste est l’auteur d’un douzaine  d’ouvrages. Il a collaboré longtemps au Monde des Livres et travaille  aujourd’hui comme écrivain public dans une association humanitaire.

Brina Svit, Coco Dias ou la Porte dorée, Gallimard, 2007

C’est un roman vrai. Je ne suis pas Valérie Nolo, mais j’ai vraiment rencontré, il y a plus d’un an maintenant, Coco Dias, danseur de tango. Et il m’a fait exactement la même proposition que dans le roman : si tu écris sur moi, je t’apprends à danser. Bien qu’en train d’écrire autre chose, j’ai accepté ; je savais que plus jamais on ne me ferait une proposition pareille. Voilà donc une histoire qui se déroule à Paris, à la Porte Dorée, et à Buenos Aires. Je pourrais dire aussi : voilà l’histoire d’un danseur de tango qui se confond avec l’histoire du tango. Ou bien : voilà l’histoire d’une femme qui comprend enfin ce que c’est que tenir un homme dans ses bras.

Akli Tadjer, La Reine du tango, Jean-Claude Lattès, 2016

Suzanne a grandi seule avec sa mère, La Reine du tango, une danseuse magnifique qui a connu tous les succès, toutes les gloires. Disparue trop jeune, elle a laissé à sa fille sa passion de la danse, des souvenirs éblouissants et une peur immense de l’abandon. De cette enfance, Suzanne n’a gardé que le tango qu’elle enseigne sans oser le danser, et un vieil ami de sa mère, qui s’éteint à l’hôpital.

couple de danseursJuan Terranova, El Bailarín de tango, Ediciones Deldragon, 2004

Manuel Vásquez Montalbán, Le Quintette de Buenos Aires, Le Seuil, Points policiers, 2000

Pepe Carvalho, le détective gourmet et philosophe de Barcelone, s’envole pour Buenos Aires : son cousin Raúl a disparu. Ses recherches l’entraînent dans les méandres de la métropole argentine où l’attendent quelques cadavres et une rencontre inquiétante avec un ancien tortionnaire qui n’a pas du tout envie qu’on exhume son passé...

Jean-François Vilar, Bastille tango, Presses de la Renaissance, 1986

Début 1985, on trouve des affiches représentant un homme torturé collées autour de la Bastille. Victor Blainville, qui sillonne le quartier à bicyclette et tient la chronique photographique de son inexorable démolition, cherche à en savoir un peu plus et se lie avec des exilés argentins. A tous, cette affiche rappelle bien des souvenirs. Pendant ce temps, la rumeur enfle : des membres des escadrons de la mort auraient débarqué à Paris alors que, à Buenos Aires, va s’ouvrir le procès des chefs de la junte. Rapidement, les « disparitions » recommencent, comme aux pires heures de la dictature. Au hasard de rencontres avec des personnages excentriques, l’enquête progresse de nuit, entre bar à tango, cinéma en cours de destruction et colonne de la Bastille, quand la vie bat son plein.

Stélios Viskadourakis, Le Tango de la Pluie, L’Harmattan, 2019

Octobre 2008 : Une pluie magique est sur le point de s’abattre sur une ville de bois, de polir ses angles et d’attendrir ses âmes. À côté d’elle, sur le mont Olympe, un moine rencontre le diable et l’avertit : « Chaque goutte de cette pluie contient Dieu lui-même et une âme. Il suffit qu’elle vous effleure le visage, pour changer votre vie. » Un pianiste sourd joue sa musique, dirigé par des gouttes de pluie tombant sur son dos nu. Un vieillard hindou instruit un enfant. Une petite fille autiste rencontre la diva Maria Callas. Une sorcière « offre » à une jeune femme une rencontre avec son époux mort. Un danseur schizophrène « enlace » la pluie et danse avec elle un tango magique.

Ingrid Winerbach, Au Café du rendez-vous, Phoebus, 2015

Nous sommes à la fin de l’Apartheid, à Voorspoed, petite ville de Free Estate, en Afrique du Sud. Karolina Ferreira, entomologiste, recense et observe certaines espèces rares de phalènes. Ses deux pôles d’ancrage sont le veld et le café du Rendez-vous. Où l’on joue au billard jusqu’à l’hébétude. Karolina y danse le tango des heures durant avec le même homme sans que le moindre sentiment ne les réunisse. Et si les jours passent, des êtres inquiétants surgissent, parfois disparaissent, souvent s’incrustent, et des évènements surviennent : un fermier jaloux, un lieutenant de police obsédé sexuel, un acteur amant de l’épouse d’un notable ; un accident de voiture qui n’en est pas un, une famille entière massacrée. Et puis, il y a Jess Jankowitz, enveloppé de mystère et de séduction, avec lequel, de page en page, l’amour se construit et le temps s’oublie.

 


 

Théâtre

 

Philippe Besson, Un Tango en bord de mer, Julliard, 2014

Lui est un écrivain célèbre, la quarantaine passée. L’autre est un jeune homme qui cherche encore sa voie. Quelques années auparavant, ils se sont follement aimés, déchirés puis quittés. Ils se retrouvent par hasard, au beau milieu de la nuit, dans le bar désert d’un grand hôtel en bord de mer. Une atmosphère irréelle, propice au souvenir et à la confidence… Mais la magie d’un décor peut-elle suffire à faire renaître la vérité des êtres et des sentiments ?

Copi & Ricardo Reim, Tango-Charter,

Isabelle de Toledo, Sur un air de tango, L’Avant-scène Théâtre, 2005

Pierre dirige le restaurant qu’il a créé dans une petite ville de bord de mer. Sa vie se borne à travailler dur, poursuivant un seul but : rendre heureux sa femme, Alice, et ses deux enfants. Max, son père, éternel jeune homme pour qui la vie semble légère, vit sa retraite entre ses copains et l’établissement de son fils. Tandis que l’un s’échine à porter ses caisses, l’autre n’aspire qu’à tournoyer sur les parquets des salles de bal sur un air de tango. Les saisons se sont enchaînées, le temps a filé et Pierre, au tournant de sa vie, réalise que tout est sur le point de changer…

Philippe Froget, Un tout dernier tango, Éditions du Panthéon, 2019

Daniella et Louis vivent à Buenos Aires. Leur tranquillité est bouleversée par l’arrivée d’un curieux visiteur dont les questions, intrusives, dévoilent un passé que l’on croyait enfoui. Que feriez-vous si un inconnu insinuait que votre meilleur ami est un ancien nazi ? Au nom de la sacro-sainte amitié, au nom de la fidélité qui en est la servante, au nom de la loyauté qui en est la garante, jusqu’où peut-on faire semblant d’être sourd et aveugle ? Huis clos déchirant, « Un tout dernier tango » explore les ressorts de l’amitié et de la manipulation.

Marie Laberge, Deux Tangos pour toute une vie, Boréal, 1993.

Slawomir Mrozek, Tango. Pièce en trois actes, Albin Michel, 1989.

Ne vous y trompez pas : le seul tango de la pièce, c’est la musique du final qui est La Cumparsita - l’auteur précise que ça ne peut être que celle-là ! La pièce est une apologie farfelue de la Pologne occupée, pressurée, puis enfin libre et qui ne sait pas encore faire avec.

Jean Richepin, Le Tango, 1913.

Jacques Sallin, Tango barbare, Publibook

De la France sous l’occupation jusqu’au début des trente glorieuses, la pièce de théâtre de Jacques Sallin s’illustre dans le genre de la farce. Gouvernés par le mordant de l’esprit slave, les personnages ne s’inscrivent ni dans la lignée des héros, ni dans celle des vauriens ; ils représentent à la fois l’irrévérencieux et le pathétique, incrustés dans une époque qui nous bringuebale entre la souffrance de la perte et l’ennui d’un présent par définition sans fin…

 Peter Turrini, Tango viennois, Actes sud, 2014

 


 

Poésie

Couple

Tous les paroliers de tango.

Bernard (Ben) Anton, Tango rouge, L’Harmattan, 2011

« À travers l’extase du couple, chacun se révèle à l’autre source manifeste d’éveil / pont vers / le centre profond de l’univers / fontaine accessible aux merveilles / rappel de la continuelle / expérience interne / de l’éternel. » Expérience mystique de l’être qui opère à travers l’expérience amoureuse, à travers le corps-poème. Ces textes haletants, où s’entremêlent raison et passion, racontent, avec silences et subtilités, une histoire d’amour de sa naissance à sa floraison.

Enrique Banchs

Carine Béhar, Tango des Mots. Carnet d’exploration d’une tanguera, Éditions de l’Atlantique, 2012.

Héctor Ángel Benedetti, Las mejores lettras de tango. Antologia de doscientas cincuenta letras, cada una con su historia, Seix Barral, Buenos Aires, 1998.

Jorge Luis Borges

  • « El Tango », dans le recueil El Otro, El Mismo, 1964
  • Para las seis cuerdas, 1965
  • « Milonga del forastero », dans le recueil Historia de la noche, 1977
  • « Milonga de Juan Muraña », dans le recueil La Cifra, 1981
  • Borges cantado / Borges in song. Poemas de Jorge Luis Borges con música de Eladia Blázquez, Facundo Cabral, Alberto Cortéz, Eduardo Falú, Carlos Guastavino, Jairo, Gustavo Leguizamón, Horacio Malvicino, Rodolfo Mederos, Astor Piazzolla, Daniel Piazzolla, Julián Plaza. Con ilustraciones de Héctor Basaldúa, Editorial Lagos, Buenos Aires,  1976.

Marcela Bublik

Vicente Buchieri édita la revue El Alma que canta, qui publia chaque semaine de 1916 à 1961 des paroles de tango.

Miguel A. Camino, « El Tango », dans le recueil Chaquiras (Verroteries), 1926

Paul Celan, Todesfuge (Fugue de mort, en roumain Tangoul Mortii, Le Tango de la Mort), évocation poétique de la vie à Auschwitz

Carlos de la Púa (Carlos Muñoz, 1899-1950), dans les recueil La Crencha Engrasada, 1928

Berta de Täbbush, « Tango », dans le recueil El Tranvía embrujado, 1933

Marcelo del Mazo, « Triptyque » (un poème en trois parties : I. Los Bailarines, II. El Alma del Tango, III. Final de Tango), dans le recueil Los Vencidos, 2ème série, 1910

Raúl González Tuñón, « Tango », 2 poèmes dans le recueil Miércoles de Ceniza, 1928

Juan Guijarro (Augusto Gandolfi Herrero), « Tango », dans le recueil Ocho pasado meridiano, 1939

Ricardo Güiraldes, « Tango », dans le recueil El Cencerro de cristal, 1915.

Fabrice Hatem, Une Anthologie bilingue du tango argentin, La Salida, hors-série n° 3, et en ligne.

Horacio Raúl Klappenbach, « Crónicas del tango », dans le recueil Prólogo a Buenos Aires, 1955

Pedro Luis Larrague, « Tango », dans le recueil Vidas en la bruma, 1943

Le poète argentin Leopoldo Lugones détestait le tango, « ce reptile de lupanar », et n’en écrivit aucun. Il le dansa pourtant à la fin de sa vie avec la très jeune femme dont il était tombé amoureux.

Eugenio Mandrini, Los Poetas del Tango: Antologia Poetica, Musarisca, Poesia Colinue, 2000

Nicolás Olivari

José Portogallo, « Dibujos en la vereda », dans le recueil Mundo del acordeón, 1940

Eduardo Romano, Las Letras del tango, Antologia cronologica 1900-1980, 5a edicion, Fundacion Ross, Buenos Aires, 2000.

Raúl Rubianes, « Cabaret criollo », dans le recueil Romance del amor nuevo, 1933

Fernán Silva Valdés, « El Tango », dans le recueil Agua del Tiempo, 1921. Il écrivit les paroles des tangos Clavel del aire et Agua florida.

Eduardo Uribe, « Cabaret », dans le recueil Jazz-criollo, 1929

Saul Yurkievich & Henri Deluy, Les Poètes du tango, Gallimard, collection Poésie, 2006.

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